Allemagne - En faveur d'une «grande coalition», Schröder ne cède pas d'un pouce

Berlin — Gerhard Schröder s'est prononcé hier en faveur d'une «grande coalition» entre les sociaux-démocrates et les conservateurs en Allemagne, mais il a exclu dans l'immédiat toute concession de la part du SPD.

«Je suis favorable à ce que les deux principaux partis se rejoignent, parce que c'est ainsi que j'interprète le désir manifesté par les électeurs», déclare le chancelier sortant dans une interview qui sera diffusée sur une chaîne de télévision allemande.

«Je suis favorable à la formation de cette coalition. Je ferai tout mon possible pour qu'elle soit formée», ajoute-t-il.

Après les élections du 18 septembre, ni les conservateurs de la CDU-CSU, arrivés légèrement en tête, ni le SPD ne sont en mesure de nouer des alliances majoritaires avec leurs partenaires traditionnels. Aucune négociation approfondie n'a pour l'instant été engagée entre les deux grandes formations allemandes et chacune persiste à réclamer la chancellerie.

«La question de la direction sera résolue», assure cependant Schröder. «Elle doit être résolue. Mais tenter de résoudre cette question n'aura de sens que lorsque [les conservateurs] auront clairement manifesté leur souhait de parvenir à un accord.»

«Il n'y a aucune raison valable pour qu'un parti comme le SPD retire la moindre de ses revendications tant qu'il n'est pas évident que les deux partis souhaitent négocier l'un avec l'autre», insiste Schröder.

«Je le répète: il est hors de question de bouger uniquement à cause des pressions déplacées exercées par certains médias et par les conservateurs.»

Déjà lors de la campagne électorale, le chancelier s'était présenté comme une victime de la partialité des médias, qui le donnaient largement défait par Angela Merkel.

Le président du SPD, Franz Müntefering, a pour sa part prévenu hier que les sociaux-démocrates n'entameraient pas de négociation approfondie avec la CDU-CSU avant de connaître les résultats de l'élection partielle de Dresde, organisée le 2 octobre avec deux semaines de retard en raison du décès d'une candidate en cours de campagne.

Il a également jugé que la rencontre prévue mercredi entre Schröder et Merkel permettrait au SPD de mieux connaître les intentions des conservateurs.

«Après les entretiens exploratoires et après le scrutin partiel de Dresde, nous déciderons si nous pouvons engager des négociations avec les conservateurs», a déclaré Müntefering. «Toutes les déclarations d'intention et autres hypothèses ne sont pas utiles pour le moment.»