Les pénuries guettent de nouveau l'Afrique australe

Johannesburg — Le Programme alimentaire mondial a estimé hier que l'Afrique australe, dont les économies rurales sont déjà décimées par les ravages du sida, devra endurer de nouvelles années de pénurie alimentaire. Les pays de cette sous-région connaissent actuellement une deuxième crise alimentaire depuis 2002 en raison de pluies insuffisantes.

Le PAM s'est fixé pour objectif de nourrir 8,5 millions d'habitants de cette région jusqu'à la fin des prochaines récoltes en avril 2006 mais, pour beaucoup de familles, le pire est à venir, a déclaré à Reuters le directeur régional de l'agence onusienne, Mike Sackett. «Ces quatre dernières années, nous avons connu deux mauvaises saisons et deux classées médiocres à moyennes. C'est difficile de dire s'il s'agit d'une tendance mais, que nous ayons une bonne année ou non, il existe de plus en plus de personnes nécessiteuses en raison de la pauvreté chronique et du sida». Pour Sackett, le pire est à venir en raison de la pandémie de VIH, dont le taux de prévalence dépasse déjà les 20 % dans de nombreux pays et qui prendra plusieurs années avant de se transformer en sida à part entière.

Début 2005, l'insuffisance des pluies au moment du mûrissement du maïs, aliment de base des populations d'Afrique australe, a entraîné un déficit de deux millions de tonnes de cette céréale pour le Malawi, le Zimbabwe, la Zambie et le Mozambique. Le PAM s'est déjà procuré environ 250 000 tonnes de maïs dans la région et il aura besoin d'une quantité similaire d'ici la fin de l'année. L'agence, qui a reçu 220 millions de dollars à ce jour, a besoin de 156 millions supplémentaires si l'on veut satisfaire les besoins alimentaires de tous les paysans nécessiteux.