Irak - Bassora attend des excuses des Britanniques

Le colonel Nick Henderson, qui a mené l’opération contre une prison irakienne, s’est adressé à la presse hier.
Photo: Agence Reuters Le colonel Nick Henderson, qui a mené l’opération contre une prison irakienne, s’est adressé à la presse hier.

Bassora — Les autorités de Bassora, dans le sud de l'Irak, se sont engagées à cesser toute coopération avec l'armée britannique tant que Londres n'aura pas présenté des excuses et accordé des dédommagements à la suite du raid mené lundi par des soldats britanniques pour libérer deux des leurs.

D'après les autorités municipales de Bassora, l'armée britannique a tué deux policiers irakiens au cours de l'opération de libération de ces deux soldats. Ces derniers opéraient en civil lorsqu'ils ont été appréhendés et ont ouvert le feu sur les policiers irakiens avant que ceux-ci ne parviennent à les arrêter.

L'incident illustre la fragilité de la paix qui règne dans la grande ville du sud de l'Irak, relativement calme depuis l'invasion américano-britannique de mars 2003 en regard de la situation en d'autres points d'Irak comme Bagdad ou Mossoul.

Mohamed al-Ouaili, gouverneur de Bassora, a précisé que la décision de cesser toute coopération avec les Britanniques avait été prise à l'unanimité par le conseil provincial, mercredi soir, et qu'il incombait désormais aux forces britanniques de faire un geste pour apaiser les tensions.

«Le conseil de gouvernement s'est réuni hier et a décidé de mettre un terme à toute coopération avec les Britanniques jusqu'à ce qu'ils accèdent à trois exigences», a déclaré à Reuters Mohamed al-Ouaili.

«Présenter des excuses pour ce qui s'est passé, garantir que cela ne se reproduira plus et, troisièmement, fournir des dédommagements pour tous les dégâts qu'ils ont occasionnés au cours de l'opération», a-t-il énuméré.

Négociations

Ouaili a dit s'attendre à ce que les membres du conseil rencontrent aujourd'hui ou demain des représentants de l'armée britannique. Du côté britannique, Steward Innes, fonctionnaire au consulat de la Grande-Bretagne à Bassora, a confirmé que des négociations étaient bel et bien prévues mais n'a pas donné de date.

«Nous allons négocier avec le conseil afin de trouver une solution à nos problèmes», a-t-il dit à la presse.

Les troupes britanniques, elles, sont confinées dans leurs bases à Bassora et dans la région. Selon des habitants de la ville, on ne voyait hier nulle part des soldats britanniques dans les rues alors que, d'ordinaire, ils participent à des patrouilles conjointes avec la police et l'armée irakiennes.

Un militaire britannique joint par téléphone a confirmé que les unités restaient délibérément dans leurs cantonnements afin d'éviter d'aggraver les tensions. Il a dit craindre que la colère de la population ne soit aujourd'hui attisée par les prêches dans les mosquées à l'occasion des grandes prières hebdomadaires.

L'incident de lundi a provoqué des manifestations antibritanniques mercredi dans Bassora. Le même jour, après un entretien à Londres, le premier ministre irakien Ibrahim Djaafari et le secrétaire britannique à la Défense John Reid assuraient que l'incident n'avait pas porté atteinte aux relations diplomatiques entre la Grande-Bretagne et l'Irak.