Le sabbat interrompt l'évacuation des colons à Gaza

Des colons se sont réfugiés hier sur le toit de la synagogue de Gadid pour éviter l’évacuation.
Photo: Agence Reuters Des colons se sont réfugiés hier sur le toit de la synagogue de Gadid pour éviter l’évacuation.

Gadid, bande de Gaza — Après avoir fait évacuer cette semaine la plupart des implantations juives de la bande de Gaza, l'armée israélienne a suspendu hier l'opération pour observer la pause du sabbat, mais escompte désormais avoir rapatrié mercredi les derniers colons récalcitrants.

Les autorités ont annoncé qu'elles procéderaient mardi, une fois terminée l'évacuation des colonies de Gaza, à l'évacuation de Sanur et Homesh, deux des quatre implantations de Cisjordanie concernées par le plan de «désengagement» d'Ariel Sharon. Cette opération ne devrait en effet durer que 24 heures.

Hier, c'est autour de la synagogue de Gadid, dans la bande de Gaza, qu'ont eu lieu les confrontations les plus violentes entre militaires israéliens et colons hostiles au plan de retrait du premier ministre.

Gadid était une des dernières poches de résistance des adversaires du départ d'Israël de Gaza, qui continue d'être soutenu par une majorité d'Israéliens, malgré les violences dont il a parfois été accompagné.

Avançant au milieu de barricades en flammes, des policiers anti-émeute israéliens ont encerclé la synagogue de Gadid avant d'y entrer. Quelque 90 personnes, des jeunes pour la plupart, étaient allongés sur le sol du bâtiment. Certains priaient, d'autres criaient.

«C'est une profanation de tout ce qui est sacré pour les Juifs», s'est indigné Boaz Puterel, âgé de 30 ans. De nombreux ultra-orthodoxes considèrent que les Juifs ont un droit biblique sur la bande de Gaza.

Comme la veille dans l'enclave de Neve Dekalim, des colons se sont réfugiés sur le toit de l'édifice, traitant les policiers venus les déloger de nazis. Les forces de l'ordre les ont sortis un à un, parfois en les portant à quatre.

Peu après, huit colons se sont évadés d'un car qui les évacuait de Gadid et se sont enfuis vers Al-Maouassi, localité palestinienne contrôlée par les Israéliens et contiguë au Gush Katif, a déclaré une porte-parole de l'armée, revenant sur une annonce précédente qui avait fait état de dizaines de colons. Les militaires se sont lancés à leurs trousses et les ont rattrapés, a-t-elle ajouté.

L'armée a officiellement déclaré Gadid évacuée avant le début du sabbat, à la tombée de la nuit. L'exécution du plan de retrait pourra reprendre dès ce soir.

Plus de 80 % des 8500 colons de Gaza ont été évacués cette semaine. Les autorités israéliennes considèrent qu'elles sont largement en avance sur leur agenda car 17 des 21 colonies de Gaza ont d'ores et déjà été évacuées.

Qualifiant de «grande joie» l'évacuation des colonies, le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a, lui, voulu voir dans ce retrait «le résultat des sacrifices, de la patience et de la sagesse de notre peuple». «Le plus important, après le retrait, sera de savoir comment nous protégeons, reconstruisons et administrons cette terre, afin d'en faire un exemple pour le monde», a-t-il dit à la foule dans le sud de la bande de Gaza.

De nombreux Israéliens modérés pensent que les Juifs ultra-orthodoxes s'efforcent de rendre l'évacuation la plus traumatisante possible pour la population afin de dissuader le gouvernement d'organiser, un jour, le retrait de colonies plus importantes en Cisjordanie.