Pauvre Tchétchénie !

Moscou — Plus de 90 % des habitants de la république caucasienne russe de Tchétchénie vivent en-dessous du seuil de pauvreté national, soit avec moins de 87 $US par mois, a annoncé hier le ministre russe du Développement économique, Guerman Gref.

«Quatre-vingt-onze pour cent de la population dans la république de Tchétchénie appartient à la catégorie des pauvres», a déclaré M. Gref en conseil des ministres, selon l'agence Itar-Tass.

Le minimum vital, marquant le seuil de pauvreté en Russie, a été fixé en décembre 2004 à 2451 roubles (quelque 87 $US), selon le dernier chiffre publié sur le site du service national des statistiques.

L'économie en Tchétchénie reste embryonnaire dans un contexte de violences quotidiennes, alors que se poursuit officiellement une «opération antiterroriste» depuis la reprise de la guerre fin 1999.

Outre la Tchétchénie, l'ensemble des républiques du Caucase du Nord, où l'instabilité se répand, font partie des régions les plus pauvres et aux taux de chômage les plus élevés de la Fédération de Russie.

Le revenu mensuel moyen en Ingouchie, voisine de la Tchétchénie, est ainsi de 1350 roubles (environ 48 $US), selon les chiffres officiels de 2004, contre une moyenne nationale de 5141 roubles (183 $US).

La population de la Tchétchénie est de plus de 1,1 million d'habitants selon les chiffres de 2004 de l'office des statistiques, qui ne publiait pas jusqu'ici le revenu moyen en Tchétchénie. Selon les défenseurs des droits de l'homme, les chiffres de population en Tchétchénie sont très surévalués.

La république en guerre figure dans les tableaux de statistiques officiels, mais avec des points de suspension dans les colonnes censées donner les indicateurs économiques des régions russes.

M. Gref a par ailleurs relevé les importants écarts de revenus à travers la Russie, avec 55 % de personnes vivant sous le seuil de pauvreté en Kalmoukie (sud) contre moins de 7 % dans la district des Nenets (Grand Nord), par rapport à une moyenne nationale de 17 % selon les chiffres de 2004.

Le ministre s'est cependant dit optimiste quant au recul de la pauvreté. «Selon nos prévisions, le nombre de pauvres dans la population va baisser de 17 % en 2004 à 10 % en 2008», a assuré M. Gref.