Un chef d'al-Qaïda est tué en Arabie Saoudite

Riyad — Les forces de sécurité saoudiennes ont asséné hier un nouveau coup à la branche locale du réseau terroriste al-Qaïda en tuant l'un de ses principaux chefs, Saleh al-Oufi, et au moins deux autres de ses membres lors de deux raids.

Les deux affrontements, survenus l'un à Riyad, l'autre dans la ville sainte de Médine, sont les premiers depuis l'accession au trône du roi Abdallah, le 1er août, après la mort de son prédécesseur Fahd. La mort d'Oufi à Médine est survenue quelques heures avant l'arrivée du nouveau souverain dans cette ville pour une visite.

Il s'agit aussi des premiers accrochages entre forces de sécurité et activistes islamistes depuis la mort, le 3 juillet à Riyad, du chef présumé d'al-Qaïda dans la péninsule arabique.

Les opérations policières d'hier font suite à des mises en garde lancées la semaine dernière par les États-Unis, l'Australie, la Grande-Bretagne, le Canada et l'Allemagne sur des risques imminents de nouveaux attentats terroristes dans le royaume, premier producteur et exportateur mondial de pétrole.

Selon le l'Intérieur lu à la télévision d'État, Oufi a été tué avec un complice dans une fusillade avec la police à Médine. L'agence officielle SPA a affirmé dans la soirée qu'un soldat avait été tué dans les échanges de tirs.

Le décès d'Oufi, un ancien policier d'une quarantaine d'années, constitue un revers très sérieux pour al-Qaïda dans la péninsule arabique, la branche locale du réseau terroriste al-Qaïda d'Oussama ben Laden, lui même d'origine saoudienne.

Oufi était, en effet, l'un des chefs historiques de cette branche saoudienne d'al-Qaïda et l'un des deux seuls rescapés d'une liste de 26 activistes dont la tête avait été mise à prix par les autorités en décembre 2003. Le seul homme encore en liberté parmi ces 26 est désormais Taleb al-Taleb.

Une nouvelle liste de 36 activistes recherchés, dont sept étrangers, a été publiée le 28 juin. Quelques jours plus tard, le 3 juillet, l'homme présenté par le pouvoir comme le nouveau chef d'al-Qaïda en Arabie Saoudite, le Marocain Younès Mohammed Ibrahim al-Hayari, était tué dans un accrochage avec les forces de l'ordre à Riyad. On ignore qui lui avait succédé.

Oufi s'était notamment manifesté en mars 2004 par la diffusion sur un site Internet de plusieurs messages audio qui lui étaient attribués, dans lesquels il apportait son soutien à la branche irakienne d'al-Qaïda, dirigée par le Jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui, et disait être disposé à lui fournir des combattants.