La gauche radicale brésilienne lâche le président Lula

Brasilia — Plusieurs milliers de manifestants ont protesté hier à Brasilia, à l'appel des partis de la gauche radicale, contre le président Luiz Inacio Lula da Silva et son Parti des travailleurs pour protester contre les scandales de corruption qui secouent le Brésil.

Quelque 12 000 personnes, selon la police, ont défilé sur l'Esplanade des ministères. Il s'agit de la première manifestation importante contre le gouvernement depuis le déclenchement des scandales, il y a trois mois.

Les participants ont scandé des slogans dénonçant la «trahison» de l'ancien syndicaliste arrivé au pouvoir en 2003, réclamé un moratoire du paiement des intérêts de la dette publique et dénoncé le Fonds monétaire international (FMI).

De nombreux participants de tous âges sont venus des provinces éloignées du Brésil pour exprimer leur indignation sur la situation que traverse le pays.

Cette manifestation s'est déroulée au lendemain d'une autre manifestation convoquée par des mouvements sociaux proches de Lula, qui ont dénoncé la tentative de «déstabilisation» orchestrée par des «secteurs oligarchiques».

Pour sa part, la Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB) a manifesté hier son indignation face aux scandales de corruption touchant les différentes instances du pouvoir public.

Dans un communiqué diffusé à l'issue de leur 43e Assemblée générale, les évêques du plus grand pays catholique du monde ont exhorté «le peuple brésilien à retrouver l'espoir» au moyen d'une plus grande participation politique.

Leur déclaration finale critique également le financement illicite que le Parti des travailleurs (PT, au pouvoir) reconnaît avoir mis en place.