255 bombes explosent dans tout le Bangladesh

Dacca — Plus de 250 bombes de faible puissance ont explosé quasi simultanément hier dans tout le Bangladesh, faisant au moins deux morts et une cinquantaine de blessés selon la police qui enquête sur la piste islamiste et a arrêté 15 suspects.

Au moins 255 bombes ont explosé dans la quasi-totalité des 64 principales villes et localités du pays, a indiqué le ministère de l'Intérieur. Partout, la police a retrouvé les tracts d'un groupe islamiste interdit.

Les explosions, qui n'ont pas été revendiquées, sont survenues alors que la premier ministre Khaleda Zia, à la tête d'une coalition gouvernementale de quatre partis dont deux islamistes, venait de partir en visite officielle en Chine.

Les bombes étaient de faible puissance, de fabrication artisanale et destinées à créer la panique, a dit le chef de la police bangladaise Abdul Kaiyum. Environ 15 ont explosé dans la capitale Dacca, située dans le centre du pays, 20 dans le grand port du sud-est de Chittagong.

En début de soirée, le bilan de la police était de deux morts et 50 blessés dont la vie n'était pas en danger.

Les engins avaient été placés près de stations de bus et de gares, de tribunaux et de bâtiments administratifs.

«Sur tous les lieux d'explosion, des tracts signés du groupe récemment interdit du Jamayetul Mujahideen ont été retrouvés», a indiqué le ministère de l'Intérieur dans son communiqué. Selon la police, ces tracts, écrits en arabe et en bengali, appellent à l'instauration de la loi coranique dans le pays. Le Jamayetul Mujahideen et un autre groupe radical, le Jagrata Muslim Janata Bangladesh, avaient été interdits après leur mise en cause dans une série d'attaques à la bombe.

Parmi les 15 personnes arrêtées hier, l'une a été appréhendée à Dacca souffrant de blessures à la main causées par une explosion et trois autres l'ont été à Cox's Bazar (sud-est). Les mesures de sécurité ont été renforcées dans tout le territoire, a indiqué le ministre de l'Intérieur, Lutfuzzaman Babar.

Le pays, à population musulmane, a été le théâtre de plusieurs attentats depuis un an et le principal parti d'opposition, la Ligue Awami, visé à plusieurs reprises, a accusé les extrémistes d'avoir pris le pays en otage et de vouloir éliminer les forces laïques.

En mai dernier, l'Inde avait, dans un rapport annuel de son ministère de la Défense, mis en garde contre l'influence grandissante de l'islamisme fondamentaliste et radical au Bangladesh.