Les pressions internationales n'ont pas suffi - Le Zimbabwe reprend sa campagne de «nettoyage»

Harare — Quelques semaines après avoir mis fin à une campagne de démolitions qui leur avait valu des protestations internationales, les autorités du Zimbabwe ont annoncé hier qu'elles reprenaient une opération de «nettoyage» pour évincer des marchands clandestins de la capitale.

En juillet, le vice-président zimbabwéen, Joyce Mujuru, avait dit que la campagne de démolition des bidonvilles (l'opération Rétablir l'ordre) avait pris fin, ceci après la présentation d'un rapport très critique sur la question au Conseil de sécurité de l'ONU.

Lesley Gwindi, porte-parole du conseil municipal de Harare, a déclaré que les autorités municipales craignaient que des enfants des rues et des adeptes du marché noir soient revenus dans la capitale et y opèrent de nouveau illégalement.

«Nous allons les faire partir, nous les évincerons, a-t-il dit. La question a toujours été de savoir si nous serions en mesure de préserver l'ordre et la propreté qu'a permis d'installer l'exercice de nettoyage, et c'est ce que nous faisons.»

Gwindi a dit que les autorités de Harare, la police municipale et la police nationale se consultaient dans la capitale pour arrêter une stratégie quant à la manière de procéder. En milieu de journée hier, rien n'indiquait que la nouvelle opération de nettoyage avait commencé.

Des marchands ambulants, parmi lesquels figurent des cambistes «sauvages», sont réapparus ces deux dernières semaines dans le centre-ville et s'activent à des endroits non reconnus comme des points de vente. Des enfants des rues ont aussi refait surface dans la capitale et des revendeurs essaient de détourner des usagers des transports publics en leur proposant des services de minibus.

Le rapport établi par Anna Tibaijuka, dépêchée au Zimbabwe par Kofi Annan, soutenait que les démolitions de bidonvilles ont été «faites sans discernement et de manière injustifiée, dans l'indifférence à la souffrance humaine». Elle affirmait que l'opération avait privé de toit ou de revenus 700 000 personnes et aurait un impact indirect sur la vie de 2,4 millions d'autres.