Oui à Lula, non à la corruption

Brasilia — Près de 10 000 personnes ont manifesté hier à Brasilia contre la corruption mais en faveur du président Luiz Inacio Lula da Silva, dont le gouvernement est paralysé par des dénonciations de corruption depuis trois mois.

Convoqués par la Coordination de mouvements sociaux (CMS) qui regroupe des organisations non gouvernementales et syndicales, dont la plupart sont sympathisantes du Parti des travailleurs (PT) de Lula, les manifestants ont exigé des changements dans la politique économique, qu'ils considèrent trop conservatrice et néolibérale.

«Nous sommes ici pour dire au président Lula qu'il a notre soutien mais qu'il doit aussi changer sa politique économique et tenir ses promesses de campagne grâce auxquelles il a été élu avec 53 millions de voix», a déclaré Paulo Cesar, un jeune manifestant.

D'après les manifestants, la droite «n'a aucune autorité morale pour parler de corruption. Elle profite des dénonciations pour déstabiliser le gouvernement» du PT. Ils ont cependant demandé à Lula d'enquêter à fond et de punir tous les coupables.

La crise politique brésilienne a commencé avec la dénonciation début juin de la mise en place par le PT d'un système de paiement de votes de députés contre un appui au gouvernement. L'enquête parlementaire et policière a mis au jour une caisse noire du PT.

Les révélations du publicitaire de la campagne électorale de Lula en 2002, la semaine dernière, ont atteint le président Lula qui, s'estimant trahi, a présenté vendredi des excuses au peuple brésilien au nom du gouvernement et du PT.