En bref: Un Rwandais se rend au TPIR

Nairobi — Un ancien responsable rwandais accusé d'implication dans le génocide de 1994 s'est rendu hier au tribunal international chargé de juger les instigateurs présumés du massacre, a annoncé la cour de justice onusienne.

Michel Bagaragaza fera face à trois chefs d'accusation devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR): conspiration en vue de commettre un génocide, génocide et complicité de génocide. Bagaragaza, âgé d'une soixantaine d'années, était directeur général de l'organisme chargé de gérer la production de thé au moment où 800 000 Tutsis et Hutus modérés ont été massacrés par des extrémistes Hutus, en 1994. Il est accusé d'avoir ordonné à des employés de tuer des centaines de Tutsis qui avaient trouvé refuge près d'une usine de conditionnement de thé et dans une cathédrale. Selon l'accusation, il était à la tête d'une unité des Interahamwe, groupe de miliciens ayant perpétré une grande partie des massacres, souvent à l'aide de machettes. «Il aurait ordonné à des employés d'une usine de thé de fournir aux Interahamwe du carburant pour les véhicules, ainsi que des armes et des munitions stockées dans l'usine et ordonné au personnel de l'usine de l'aider à massacrer des centaines de Tutsis», a déclaré la cour. Bagaragaza n'a pas encore dit s'il plaiderait coupable ou non-coupable, mais il devrait le faire dès l'ouverture du procès. Le TPIR, créé par l'ONU en 1995, a déjà condamné 22 personnes et acquitté trois autres. Seize accusés sont en attente de jugement.