Une semaine de plus pour la constitution irakienne

Des chiites manifestaient hier contre la proposition d’autonomie des Kurdes d’Irak.
Photo: Agence Reuters Des chiites manifestaient hier contre la proposition d’autonomie des Kurdes d’Irak.

Le Parlement irakien a décidé hier soir de reporter d'une semaine, au 22 août, la date de la remise du projet de constitution à ses membres, les dirigeants politiques n'étant pas parvenus à temps à un accord sur les points en litige.

«Nous avons déployé de grands efforts et nous avons atteint un accord sur des questions importantes, mais ce texte décisif a besoin de temps», a déclaré le président Jalal Talabani devant l'Assemblée nationale.

La majorité des 237 députés présents (sur 275) a voté à main levée pour l'amendement de la Loi fondamentale (constitution provisoire), donnant une semaine de plus aux discussions. La Loi fondamentale, qui régit le pays depuis 2004, prévoit en effet la dissolution du Parlement et la tenue de nouvelles élections si la constitution n'est pas élaborée le 15 août.

Peu avant la session, qui a débuté moins d'une heure avant l'expiration du délai initial, l'ambassadeur des États-Unis en Irak Zalmay Khalilzad, qui était présent au Parlement, a déclaré que le projet de la constitution n'était pas prêt. Les leaders politiques ont besoin «d'une semaine à dix jours encore pour parvenir à un accord». Les États-Unis avaient pourtant augmenté la pression ces derniers jours sur ces leaders, estimant nécessaire le respect du calendrier de transition politique. M. Khalilzad avait même activement participé aux discussions.

Les groupes politiques avaient entamé leurs débats sur le projet de constitution le 7 août, à la demande du comité de rédaction de la constitution qui n'avait pu dégager un consensus sur 18 points épineux. Mais leurs représentants ont négocié jusqu'à la dernière minute, sans parvenir à un consensus sur certains de ces points, notamment le fédéralisme et la répartition des revenus pétroliers,.

La session du Parlement a été reportée à deux reprises hier, pour donner plus de temps aux négociateurs. Les députés présents dans la salle ont applaudi à la suite de l'annonce du résultat du vote.

Le député kurde Mahmoud Osmane a affirmé: «Il y a encore des divergences entre les Kurdes et les chiites», les deux groupes majoritaires au Parlement qui sont pourtant d'accord sur la question du fédéralisme. «Que dire alors de la situation entre les Kurdes et les sunnites quand on sait que ces derniers rejettent le fédéralisme».

Les sunnites sont prêts à accepter l'autonomie dont le Kurdistan jouit depuis 1991, mais refusent un Irak fédéral, de crainte de se voir cantonnés dans le centre aride du pays, alors que les chiites obtiendraient comme ils le désirent l'autonomie dans le sud riche en pétrole.