Lourd bilan en Tchétchénie

Moscou — Les deux guerres déclenchées par la Russie dans la république sécessionniste de Tchétchénie ont fait près de 160 000 morts, dont le quart seulement étaient des Tchétchènes de souche, a déclaré hier un responsable régional favorable à Moscou.

«Entre 150 000 et 160 000 morts, tel est le bilan des deux campagnes», a dit Taous Djabraïlov, président du parlement intérimaire tchétchène, cité par l'agence Interfax. «Selon des estimations approximatives, de 30 000 à 40 000 Tchétchènes de souche ont péri au cours des deux campagnes menées dans la république», a-t-il précisé d'après l'agence Itar-Tass.

Djabraïlov n'a pas indiqué ce qui permettait de penser que les victimes d'origine tchétchène formaient une proportion aussi faible du bilan des morts. Mais en l'absence de statistiques fiables du Kremlin, ses propos constituent l'une des rares estimations officielles du coût humain des opérations menées par Moscou pour reprendre le contrôle de la région du Nord-Caucase.

La Russie avait subi une défaite humiliante lors de sa première offensive de 1994-96 en Tchétchénie. Les troupes déployées dans la région en 1999 ont mis fin à une éphèmère indépendance de fait, mais il leur reste à vaincre la guérilla séparatiste.