L'Iran veut négocier avec l'Europe sur l'enrichissement de l'uranium

Téhéran — Un haut responsable du nucléaire iranien a souhaité hier l'ouverture de négociations avec l'Europe sur l'enrichissement d'uranium en Iran, tout en précisant que Téhéran ne suspendrait pas son programme de conversion du minerai en gaz.

La semaine dernière, ce pays a rejeté la résolution de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique) qui le pressait d'arrêter la conversion relancée dans son usine d'Ispahan. La conversion est la première étape avant l'enrichissement pour lequel l'Iran a construit la structure de Natanz. Or à partir d'un certain niveau d'enrichissement, l'uranium qui sert de combustible aux réacteurs nucléaires civils peut être utilisé pour fabriquer une bombe atomique.

«La question d'Ispahan est close. Ce qui reste sur la table, c'est Natanz», a déclaré le directeur adjoint de l'organisation iranienne de l'énergie atomique, Mohammad Saïdi, à la télévision d'État. «Nous avons sans aucun doute des projets pour Natanz dans un futur proche», a-t-il ajouté.

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Hamid Reza Asefi a assuré hier que l'Iran ne suspendrait pas ses opérations à Ispahan. «Le travail à Ispahan ne sera pas suspendu une nouvelle fois pour des raisons de confiance», a-t-il précisé, en référence à la suspension d'activités nucléaires que l'Iran avait adoptée l'année dernière pour permettre aux négociations avec la troïka européenne (Allemagne, France, Grande-Bretagne) de se dérouler dans une atmosphère positive.

Lors d'une conférence de presse, Hamid Asefi a précisé que l'Iran n'avait pas décidé de reprendre l'enrichissement de l'uranium à Natanz, et a ajouté que «le comportement de l'Europe influencerait fortement cette décision».

Les Européens tentent de persuader l'Iran d'abandonner son programme d'enrichissement de l'uranium, menaçant sinon de transmettre le dossier au Conseil de sécurité de l'ONU, comme le souhaiteraient les États-Unis convaincus que Téhéran veut détourner des programmes civils à des fins militaires.

Au début du mois, l'Iran a rejeté un projet européen de coopération nucléaire, économique et politiques qui l'aurait obligé à renoncer à l'enrichissement.

L'Iran assure que son programme nucléaire vise à produire de l'électricité et estime que, en tant que signataire du traité de non-prolifération nucléaire, il peut enrichir de l'uranium.