Musharraf invite les Pakistanais à rejeter l'extrémisme

Lahore, Pakistan — Le président pakistanais Pervez Musharraf a exhorté hier ses concitoyens à rejeter un extrémisme religieux dont les partisans souhaitent, selon lui, faire régresser le pays.

«Les obstacles à notre progrès sont l'extrémisme et l'étroitesse d'esprit», a déclaré Musharraf lors d'un discours prononcé à Lahore, à l'occasion de la fête de l'indépendance pakistanaise.

Le Pakistan est accusé par certains observateurs de servir de terreau à l'islamisme radical, notamment depuis les attentats du 7 juillet dernier à Londres, où quatre jeunes kamikazes britanniques — dont trois d'origine pakistanaise — se sont fait exploser en causant la mort de 52 autres personnes dans les transports en commun. Deux de ces kamikazes au moins s'étaient rendus au Pakistan à plusieurs reprises. Des enquêteurs cherchent à déterminer ce qu'ils y ont fait et qui ils y ont rencontré.

Les autorités pakistanaises ont arrêté quelque 600 personnes au cours d'opérations menées dans les milieux extrémistes après les attentats de Londres.

Musharraf n'a pas directement évoqué ces attentats dans son discours. Il s'en est pris en revanche aux responsables politiques partisans d'un islam radical.

Une alliance de partis religieux conservateurs, dont certains soutenaient le régime taliban en Afghanistan, a progressé lors des derniers scrutins organisés au Pakistan, dont elle gouverne l'une de quatre provinces.

Musharraf accuse ces responsables d'avoir oublié «le message originel de l'islam». «Nous ne pouvons laisser ces éléments entraver les progrès du Pakistan», a-t-il lancé.

Le président a invité les Pakistanais à écarter ces radicaux des responsabilités lors des élections régionales prévues à partir du 18 août. «Refusez-les. Nous devons mener le pays vers un avenir radieux», a-t-il insisté.

Pervez Musharraf, ferme allié des États-Unis, prône une idéologie de «modération éclairée» sur le plan politico-religieux et il a engagé un processus de paix avec l'Inde voisine, puissance nucléaire rivale du Pakistan.

Quelques heures avant son discours, le premier ministre, Shaukat Aziz, a également déclaré que le Pakistan devait s'unir pour rejeter et vaincre le terrorisme. «Nous devons adresser un message au monde pour faire comprendre que notre société rejette l'extrémisme et qu'elle est unie contre lui», a-t-il souligné.

«Le Pakistan souffre lui-même du terrorisme. Le terrorisme représente un grand danger pour l'indépendance du Pakistan. Nous combattrons ce danger au nom de l'indépendance du Pakistan et nous le vaincrons à tous les niveaux», a affirmé Aziz.

Le premier ministre a également dit qu'un règlement du différend indo-pakistanais sur le Cachemire était de première importance pour la paix en Asie.

«Le Cachemire est une question brûlante. Sa solution est indispensable à une paix durable — une solution conforme aux aspirations du peuple du Cachemire», a dit le premier ministre.