Pérou: Toledo nommera un nouveau gouvernement

Lima — Le président péruvien Alejandro Toledo a annoncé hier qu'il allait nommer dans les prochains jours un nouveau gouvernement, pour résoudre la pire crise politique qu'il ait eu à affronter en quatre ans de pouvoir. «Dans quelques jours nous aurons restructuré complètement le gouvernement», a assuré M. Toledo devant la presse.

La cote de popularité du président péruvien Alejandro Toledo est tombée à 8 % après la démission du gouvernement consécutive à la nomination par le chef de l'État d'un ministre des Affaires étrangères controversé.

Selon un sondage Apoyo publié hier par le journal El Comercio, la popularité de Toledo est passée de 14 % en juillet à 16 % début août pour retomber à 8 % après la nomination, jeudi dernier, de Fernando Olivera à la tête de la diplomatie péruvienne. Ce sondage réalisé samedi auprès de 323 personnes à Lima comporte une marge d'erreur de 5,7 %.

Les ministres ont accueilli avec incrédulité la nomination d'Olivera, avec lequel ils avaient publiquement exprimé leur désaccord à propos d'une loi autorisant la culture limitée, dans le sud du Pérou, de la coca, plante dont on tire la cocaïne.

Des hommes politiques du parti de Toledo et une grande partie de l'opinion publique ont aussi été scandalisés par le choix d'Olivera, chef d'un petit parti de la coalition gouvernementale qui jouit d'un accès privilégié à Toledo.

Peu après l'entrée en fonction d'Olivera, le premier ministre Carlos Ferrero et le ministre le plus populaire de Toledo, Carlos Bruce, ministre du Logement et de la Construction, ont démissionné.

Le reste du gouvernement a suivi, comme il est de règle lorsque le premier ministre démissionne. Il expédie néanmoins les affaires courantes en attendant la nomination d'une nouvelle équipe.

Le ministre sortant de l'Économie, Pedro Pablo Kuczynski, est également présenté comme un premier ministrable, tout comme il pourrait conserver son poste. Selon le sondage Apoyo, il est la personnalité gouvernementale la plus populaire, avec 39 %.

Toledo a déclaré vendredi qu'Olivera ne ferait pas partie du prochain gouvernement.

Olivera a riposté samedi en accusant Ferrero de «préméditation et trahison pour tenter de m'assassiner moralement et politiquement».

Il a ajouté que son parti, le Frente Independiente Moralizador (FIM) n'occuperait plus jamais de poste au gouvernement, mais il n'a pas dit si le FIM continuerait d'apporter au Congrès un soutien indispensable à Toledo.