Législatives au Liban - Le Sud-Liban choisit la résistance

Houla, Liban — Le Hezbollah et Amal, deux formations chiites proches de Damas et alliées pour les législatives, ont revendiqué hier la victoire lors de la deuxième phase du scrutin, dans le Sud-Liban. Les résultats officiels ne sont attendus qu'aujourd'hui mais l'alliance chiite a affirmé avoir obtenu les 23 sièges en jeu dans la région.

«Je remercie tout le peuple dans le Grand Sud pour avoir renouvelé sa confiance dans la liste et pour la victoire de tous ses candidats», a déclaré lors d'une conférence de presse Nabih Berri, le chef de file de Amal qui est en outre président du parlement. «Les résultats n'ont pas changé par rapport au passé et le Sud-Liban s'est exprimé pour la résistance, la libération, le développement», a-t-il ajouté.

Selon le ministère de l'Intérieur, 45 % des 675 000 électeurs s'étaient déplacés aux urnes peu de temps avant la fermeture des bureaux de vote à 18h.

Plusieurs représentants de l'opposition chrétienne avaient pourtant appelé au boycottage du scrutin, estimant que le découpage électoral favorisait le «rouleau compresseur» de la liste commune Amal-Hezbollah, qui s'est assurée six des 23 sièges à pourvoir dans la région avant même le scrutin faute d'adversaires.

«La démocratie a été brûlée au Parlement», pouvait-on lire hier sur les tracts distribués par les partisans du général anti-syrien Michel Aoun. Cette nouvelle phase des législatives nationales s'est déroulée dans un climat empoisonné par l'assassinat de l'éditorialiste du grand journal anti-syrien An Nahar, Samir Kassir.

L'opposition anti-syrienne est parvenue une nouvelle fois à surmonter ses divergences pour accuser Damas et ses alliés libanais d'être responsables de la mort de Kassir, et exhorter le président libanais pro-syrien, Emile Lahoud, à la démission.

«J'assumerai mes fonctions jusqu'à la dernière minute de mon mandat constitutionnel», a répondu Lahoud hier, refusant de démissionner et niant toute implication dans la mort de Kassir.

Le scrutin d'hier a été précédé d'échauffourées entre factions druzes à Sofar, à l'est de Beyrouth, qui ont fait au moins deux blessés. L'origine de l'affrontement est encore inconnue.

La première phase des législatives organisée le 29 mai à Beyrouth avait accordé une nette victoire à la liste de Saad Hariri, fils de l'ancien premier ministre assassiné, mais avait été marquée par un taux record d'abstention, à 72 %.

Amal et le Hezbollah, qui est partisan de la destruction d'Israël et est traité par Washington de groupe «terroriste», sont les principales formations politiques de la communauté chiite. Elles disposent aussi de puissantes milices armées.

Les deux groupes ont été soutenus par Damas pendant la guerre civile de 1975-90, et par la suite, et les chiites n'ont pas été nombreux à participer aux manifestations anti-syriennes qu'a connues Beyrouth après l'assassinat de l'ancien premier ministre Rafic Hariri en févrirer.