Les Kurdes proposent un cessez-le-feu à Ankara

Lijwa — Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), réuni en congrès hier dans le nord de l'Irak près de la frontière avec l'Iran, a proposé un cessez-le-feu et un dialogue avec les autorités turques.

«Nous lançons un appel au gouvernement turc, lui demandant de cesser les opérations militaires pour ouvrir la voie au dialogue, et nous sommes prêts, de notre côté, à décréter un cessez-le-feu», a déclaré à la presse un dirigeant du parti, Mourad Karialane, en marge du congrès tenu dans le village de Lijwa, à 500 kilomètres au nord-est de Bagdad.

«Nous ne posons pas comme condition au gouvernement turc d'avoir un dialogue direct. Nous acceptons que le gouvernement turc dialogue avec les partis, courants politiques et personnalités kurdes élues dans les villes kurdes et de résoudre le problème avec eux», a-t-il ajouté.

M. Karialane a appelé les gouvernements turc, syrien et iranien à «trouver par le dialogue une solution au problème kurde» tout en dénonçant «les campagnes militaires de la Turquie et de l'Iran» contre son parti.

Selon lui, la formation séparatiste a changé de stratégie et milite désormais pour une confédération démocratique kurde pour les régions kurdes en Irak, en Iran, en Turquie et en Syrie.

M. Karialane s'est félicité de l'appel de l'Union européenne à une révision du procès du fondateur du PKK, Abdullah Öcalan, condamné à mort en 1999 par la justice turque et dont la peine a ensuite été commuée à la prison à vie.

Le PKK a mené entre 1984 et 1999 une lutte armée contre le pouvoir central d'Ankara pour la création d'un État kurde indépendant dans le Sud-Est anatolien, qui a fait près de 37 000 morts.