Sharon est insatisfait des pressions de Bush sur Abbas

Jérusalem — Le premier ministre israélien Ariel Sharon était mécontent hier des pressions, insuffisantes selon lui, exercées par George W. Bush sur le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas pour qu'il lutte contre les organisations armées.

«Les Palestiniens ont eu le sentiment qu'il n'y avait pas de pressions sérieuses sur eux pour qu'ils luttent contre le terrorisme et qu'il n'est pas urgent qu'ils agissent», a déclaré M. Sharon selon ses propos rapportés par un haut responsable israélien sous condition d'anonymat.

M. Sharon, qui s'est exprimé la veille à Jérusalem devant des membres du Congrès américain, a ainsi fait allusion aux déclarations publiques de M. Bush après sa rencontre le 26 mai à la Maison-Blanche avec M. Abbas.

«Les États-Unis et la communauté internationale applaudissent le fait que vous avez condamné le terrorisme», avait alors affirmé M. Bush à son hôte avant de préciser: «Tous ceux qui ont recours au terrorisme sont les ennemis du peuple palestinien et doivent rendre des comptes.»

Selon le haut responsable israélien, «M. Bush s'est délibérément voulu conciliant en public envers M. Abbas afin de montrer qu'il tourne la page, après la disparition de Yasser Arafat, et les Palestiniens en profitent pour différer le démantèlement des organisations terroristes».

M. Sharon s'est plaint des répercussions de cette attitude sur l'opinion israélienne, estimant que «les gens se posent des questions et disent que tout le plan de désengagement est un bluff car le sentiment prévaut que le terrorisme se renforce et qu'aucune action n'est entreprise pour l'enrayer».

Israël doit évacuer cet été la bande de Gaza ainsi que les 8000 colons qui y vivent dans 21 implantations de la région et quatre autres en Cisjordanie.

Du côté palestinien, de nouvelles élections municipales partielles, prévues aujourd'hui dans la bande de Gaza dans des circonscriptions où la victoire du Hamas avait été contestée, ont été reportées pour apaiser le mouvement islamique après sa décision de boycotter le scrutin.

«Nous avons décidé des reporter ces élections sine die à la demande du Haut Comité de suivi et pour éviter tout problème dans la rue palestinienne», a déclaré Jamal Chobaki, président de la Commission électorale locale (CEL).

Le Haut Comité de suivi, un organisme représentatif des mouvements palestiniens, avait auparavant demandé à la CEL de reporter les municipales partielles à la suite de la décision du Hamas de les boycotter. Le vote-retour devait avoir lieu dans trois circonscriptions, Rafah, Beit Lahya et al-Boureij, où le Hamas l'avait emporté le jour des municipales, le 5 mai.

Les résultats donnant la victoire au Hamas avaient toutefois été invalidés par des tribunaux palestiniens après avoir été contestés par le mouvement Fatah, parti au pouvoir de l'Autorité palestinienne.