Bush est confiant que la rébellion irakienne sera matée

Des soldats irakiens ont fouillé des véhicules hier dans le cadre de la grande opération en cours pour faire échec aux insurgés.
Photo: Agence Reuters Des soldats irakiens ont fouillé des véhicules hier dans le cadre de la grande opération en cours pour faire échec aux insurgés.

Bagdad — Le président américain, George W. Bush, a souligné hier qu'il estimait le gouvernement irakien assez fort pour triompher de la rébellion, au lendemain de la diffusion d'un message de Zarqaoui, chef d'al-Qaïda en Irak, prévenant qu'il continuerait à diriger la guérilla.

Le premier ministre irakien, Ibrahim al-Jaafari, a présenté son programme devant le Parlement, prévoyant notamment un renforcement des services de sécurité alors que la violence a fait plusieurs morts dans différentes attaques.

Par ailleurs, le procès du président irakien déchu Saddam Hussein devrait avoir lieu «d'ici à deux mois», a déclaré le président irakien, Jalal Talabani, dans un entretien à la chaîne américaine CNN captée à Bagdad.

Lors d'une conférence de presse à la Maison-Blanche, M. Bush a estimé que «le gouvernement irakien sera capable de triompher des rebelles. Je pense que les Irakiens ont porté un coup sévère à la rébellion lorsqu'ils ont voté», fin janvier.

Il a répété que les quelque

140 000 soldats américains actuellement déployés en Irak rentreront «dès que leur mission sera terminée», se bornant à indiquer qu'il espérait que cela serait plutôt bientôt que plus tard.

D'autre part, dix personnes ont été tuées dans différentes attaques hier en Irak, dont trois commandos de police lors d'un assaut armé à Bagdad et un présentateur d'une télévision locale dans le nord du pays.

Dans son message sonore, mis en ligne lundi soir et authentifié hier par la CIA, Abou Moussab al-Zarqaoui, l'homme le plus recherché en Irak, a nargué les Américains en affirmant qu'il continue, malgré de légères blessures, à diriger la guérilla et a agité le spectre de son alliance avec Oussama ben Laden. Zarqaoui a rejeté les informations selon lesquelles il a été grièvement touché et qui ont suscité des spéculations sur sa santé.

«C'est un message d'un soldat à son émir», a lancé Zarqaoui sur un ton grave mais confiant, à l'adresse d'Oussama ben Laden, chef d'al-Qaïda, qui l'avait adoubé en décembre chef de son réseau terroriste en Irak, après que l'islamiste jordanien lui eut fait allégeance en octobre dernier.

Dans une déclaration au Conseil de sécurité des Nations unies, le ministre irakien des Affaires étrangères, Hoshyar Zebari, a appelé hier Damas à faire plus pour empêcher les éléments extrémistes de pénétrer en Irak, désignant la Syrie comme l'une des principales routes empruntées par les terroristes étrangers.

L'armée américaine a reconnu lundi avoir arrêté par erreur Mohsen Abdel Hamid, chef du principal mouvement sunnite irakien, le Parti islamique. «Il s'est avéré qu'il avait été arrêté par erreur» et a été libéré, a précisé dans un communiqué l'armée, en s'excusant.

M. Abdel Hamid a été tiré de son lit à l'aube, ainsi que trois de ses fils, par des GI qui ont dévasté sa maison à Bagdad. Il a indiqué après sa libération ignorer toujours les raisons de son arrestation et affirmé avoir été humilié par les soldats.

Son arrestation a été dénoncée par MM. Talabani et Jaafari. Elle est survenue au moment où le cabinet irakien et les Américains appellent les sunnites à participer au processus politique, surtout à la rédaction de la Constitution.

Le gouvernement a ensuite publié un communiqué se félicitant de sa libération et «condamnant toutes les tentatives qui visent à semer la discorde entre les communautés».