L'étau se resserre sur Batasuna

Madrid — Le gouvernement espagnol a décidé hier de demander à la Cour suprême d'interdire Batasuna, tandis que le parquet demandait au juge Baltasar Garzón de requérir la fermeture des locaux du parti indépendantiste basque à l'étranger.

Le gouvernement conservateur de José Maria Aznar a approuvé la demande d'interdiction votée massivement lundi par le parlement et devrait transmettre sa requête à la Cour suprême mardi prochain, ce qui déclenchera une procédure judiciaire pouvant durer plusieurs mois.

Batasuna est accusé d'être la vitrine politique de l'ETA, l'organisation armée clandestine la plus active en Europe occidentale. Le parti nationaliste dément ces accusations mais a toujours refusé de condamner les attentats perpétrés par l'ETA.

«La requête est accompagnée d'un dossier détaillé contenant près de 1000 documents à charge prouvant que Batasuna est un prolongement du terrorisme dans la sphère politique», a déclaré le ministre de la Justice, José Maria Michavila, lors d'une conférence de presse.

Pour le vice-président du gouvernement, Mariano Rajoy, la lutte contre l'ETA n'est pas seulement un combat contre «les éléments criminels». «C'est aussi un combat contre l'ensemble de l'appareil de soutien qui constitue en lui-même une partie de l'ETA», a-t-il dit.

Parallèlement à la décision du gouvernement espagnol, la fermeture des locaux de Batasuna en Espagne s'est poursuivie hier, après la décision prise lundi par le juge de la Haute Cour, Baltasar Garzón, de suspendre pour au moins trois ans l'ensemble des activités du parti indépendantiste.

La justice espagnole souhaite aussi que Garzón demande à l'Australie de suspendre le nom de domaine du site Internet de Batasuna, www.batasuna.org, a-t-on indiqué de la même source. Cette adresse Internet est enregistrée par l'intermédiaire d'une société australienne. Le juge Garzón devrait répondre à ces demandes au début de la semaine prochaine.