Berlusconi démissionne afin de mieux rebondir

Rome — Pressé par une partie de sa coalition de centre-droit, le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a finalement décidé hier de démissionner dans l'espoir de mieux rebondir en formant un nouvel exécutif avec un programme rénové.

«Cette fois, pas de surprise: aujourd'hui, je démissionne et je vais chez le chef de l'État», a déclaré aux journalistes M. Berlusconi peu avant de confirmer sa démission devant le Sénat. «Maintenant que je dois donner vie à un nouveau gouvernement, je ne peux plus me soustraire à une crise de gouvernement formelle», a déclaré M. Berlusconi devant les sénateurs.

Il a officiellement présenté par la suite sa démission au président de la République, Carlo Azeglio Ciampi, qui, en tant que chef de l'État et selon la Constitution italienne, est chargé de la recevoir.

Mais M. Ciampi ne l'a pas formellement acceptée dans l'immédiat, demandant à ce dernier «de rester à son poste pour expédier les affaires courantes». La démission du chef du gouvernement était attendue lundi soir mais, à la surprise générale, M. Berlusconi avait renoncé à la dernière minute à se démettre, approfondissant les dissensions qui déchirent sa majorité depuis la débâcle aux élections régionales, début avril.

«La coalition qui a remporté les élections en 2001, recevant le mandat direct et explicite des électeurs pour gouverner, traverse maintenant une période de difficultés», a avoué M. Berlusconi pour la première fois. «Il y a deux semaines environ, lors des élections régionales, le pays a envoyé un signal de malaise qui, en raison de sa dimension, a une signification claire», a-t-il poursuivi.

Sa coalition a perdu six des huit régions qu'elle détenait au cours de ce scrutin et a été dépassée par l'opposition de centre-gauche en nombre de voix au niveau national. «J'ai compris ce message et j'entend y donner une réponse appropriée», a expliqué M. Berlusconi. «La majorité choisie par le pays restera jusqu'à la fin de la législature. Nous réussirons à résoudre les difficultés et nous irons jusqu'au terme du mandat qui nous a été confié par les électeurs», a-t-il cependant assuré. Le terme naturel de l'actuelle législature est fixé au printemps 2006.

Le leader de l'opposition, Romano Prodi, a accusé M. Berlusconi de n'avoir que «la volonté de durer» à la tête du gouvernement, sans tenir compte de la volonté des électeurs, tandis que Piero Fasino, secrétaire générale des Démocrates de gauche (DS, principal parti d'opposition), a réclamé des élections anticipées.

Confronté à ce qui est la crise la plus grave depuis son élection de 2001, Silvio Berlusconi a finalement décidé de se plier au souhait d'une partie de ses alliés, les démocrates-chrétiens de l'UDC et Alliance nationale (AN, droite conservatrice), et a choisi de démissionner pour former un nouvel exécutif.

«Pour relancer notre action, j'ai l'intention de réviser notre programme en augmentant nos efforts pour défendre le pouvoir d'achat des foyers, pour soutenir nos entreprises, pour accroître de manière nouvelle et décidée le développement du Sud. Pour ce faire, j'ai l'intention de renforcer également mon équipe ministérielle», a expliqué M. Berlusconi au Sénat. De cette manière, le chef du gouvernement répond aux attentes de ses alliés qui demandaient un signal fort envers un électorat déçu.