Destitution du président équatorien

De nombreux incidents de rue émaillent la crise politique.
Photo: Agence Reuters De nombreux incidents de rue émaillent la crise politique.

Quito — Le Congrès équatorien a voté hier la destitution du président Lucio Gutierrez, dont la démission était réclamée par des manifestants de plus en plus nombreux. L'actuel vice-président équatorien Alfredo Palacio a été immédiatement investi pour lui succéder.

Le vote de destitution a été acquis à l'unanimité des députés présents (62 voix pour, zéro contre) à l'issue d'une séance extraordinaire du Congrès, qui a duré moins d'une heure. Seuls les députés d'opposition ont pris part au vote.

Le Congrès (Parlement monocaméral) est composé de 100 députés.

Après le vote de destitution, la présidente du Parlement, Cyntia Viteri, a investi l'actuel vice-président équatorien Alfredo Palacio au poste de président de l'Équateur, conformément à la procédure prévue par la Constitution.

Parallèlement, la procureure générale par intérim, Cecilia Armas, a lancé un mandat d'arrêt contre le président destitué Lucio Gutierrez. Elle a ordonné au général Marco Cuvero, nommé dans la journée nouveau chef de la police nationale, de faire arrêter le président déchu en raison de la répression violente des opposants qui manifestaient contre lui ces derniers jours.

La décision de destituer le président Gutierrez a été prise pour tenter de mettre fin à une crise qui commençait à dégénérer. Des incidents de plus en plus nombreux émaillaient en effet les manifestations. Les pompiers ont dû ainsi intervenir pour éteindre un incendie allumé par les manifestants au ministère des Affaires sociales. Un peu plus tôt, un coup de feu avait été tiré en direction des protestataires par un inconnu cagoulé depuis un étage du ministère. La télévision a ensuite diffusé des images de pillages dans les bureaux du ministère.

Immédiatement après le vote de destitution, l'amiral Victor Hugo Rosero, chef d'état-major des forces armées, a annoncé que l'armée retirait son soutien à Lucio Gutierrez. Des centaines de soldats qui avaient érigé un périmètre de sécurité devant le palais ont quitté la place.