Le couple sino-japonais reste en froid

Pékin — La Chine a proposé de réparer les dégâts causés à l'ambassade du Japon à Pékin lors de manifestations antijaponaises, mais elle maintient la pression sur Tokyo en voulant que l'UNESCO classe au patrimoine mondial un site, en territoire chinois, où les Japonais mirent au point des armes biologiques et réalisèrent des expériences sur des êtres humains.

La Chine a connu trois semaines de violentes manifestations antijaponaises, nombre de participants aux rassemblements clamant leur colère contre un manuel d'histoire japonais qui nie les atrocités commises par l'armée impériale dans les années 1930-40. Pékin s'oppose d'autre part à ce que Tokyo obtienne un siège de membre permanent au Conseil de sécurité.

Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a pesé de son poids lui aussi, encourageant les dirigeants chinois et japonais à se rencontrer en marge d'un sommet international qui s'ouvre demain à Jakarta.

Une vingtaine de fenêtres de l'ambassade du Japon en Chine ont été brisées le 9 avril par des manifestants, a dit hier un porte-parole de l'ambassade du Japon, qui a ajouté qu'une entreprise sous la responsabilité du ministère chinois des Affaires étrangères avait proposé de prendre en charge les réparations. Pékin n'a pas réagi à ces propos.

Samedi dernier, des manifestants s'en sont pris au consulat du Japon à Shanghai, brisant des vitres. Un porte-parole de l'ambassade du Japon a déclaré que Tokyo attendait une réponse de la Chine à sa demande de dédommagement pour les dégâts subis par ses missions. Tokyo attend en outre de Pékin des excuses officielles pour les violentes manifestations, ce qu'ont exclu les Chinois lors de la visite à Pékin, dimanche et lundi, du ministre japonais des Affaires étrangères.

D'autre part, la Chine va demander à l'UNESCO de classer au patrimoine mondial de l'humanité les vestiges d'un centre appelé «Unité 731», utilisé par les Japonais pendant la Seconde Guerre mondiale pour mettre au point des armes biologiques, rapportait hier l'agence de presse Chine nouvelle. Située au sud de Harbin, les laboratoires, prisons et fours crématoires de l'«Unité 731» servaient à des expériences sur les humains destinées à la mise au point d'armes biologiques à base de peste bubonique, de typhoïde, d'anthrax et de choléra.