Léger report du retrait de Gaza

Jérusalem — Le premier ministre israélien Ariel Sharon a annoncé hier que le retrait de la bande de Gaza, prévu initialement à partir du 20 juillet, serait retardé de trois semaines pour tenir compte des sensibilités religieuses des colons.

«Il faut tout faire pour faciliter l'évacuation et leur permettre [aux colons] de surmonter la crise du désengagement. [...] Il s'agit effectivement de jours durs de l'histoire du peuple juif», a déclaré M. Sharon devant des journalistes.

Il a ainsi fait référence à la date jusqu'à présent retenue pour le début du retrait de la bande de Gaza, le 20 juillet, qui correspond à celle de la destruction du premier et du second Temple juif à Jérusalem.

En vertu de cette décision, le retrait devrait donc commencer le lundi 15 août.

Auparavant, le numéro deux du gouvernement, Shimon Peres, avait confirmé un report très probable de l'évacuation des militaires et des 21 colonies juives de la bande de Gaza et de quatre autres isolées du nord de la Cisjordanie.

Le responsable chargé par M. Sharon de préparer l'évacuation des colonies, Yonatan Bassi, a proposé ce report après avoir consulté des rabbins.

D'autre part, la Cour suprême israélienne a rejeté hier les appels formulés par les adversaires du retrait de l'État juif de Gaza.

La Cour n'a retenu aucune des huit requêtes déposées contre la loi sur les compensations pour évacuation adoptée en février par le Parlement israélien.

Cette décision lève le dernier obstacle au retrait des 8500 Israéliens installés sur les 21 colonies.

Maisons coloniales

Enfin, Israël a lancé hier un appel d'offres pour la construction de cinquante logements dans une colonie en Cisjordanie, au risque d'irriter Washington.

L'appel d'offres intervient une semaine après que le président américain George W. Bush eut appelé publiquement M. Sharon à respecter la Feuille de route, plan de règlement international prévoyant le gel de la colonisation.