Irak - Les otages de Madaïen sont introuvables

La ville du centre de l’Irak abrite d’anciennes ruines.
Photo: Agence Reuters La ville du centre de l’Irak abrite d’anciennes ruines.

Madaïen — Les forces irakiennes ont pris le contrôle hier de la ville de Madaïen, au sud de Bagdad, sans y trouver d'otages chiites détenus par des insurgés sunnites, mettant ainsi un terme à une affaire montée en épingle à force de rumeurs et d'informations contradictoires.

«Toute la ville est sous notre contrôle, nous avons sécurisé les maisons où les gens disaient qu'il y avait des otages et nous n'avons pas pu en trouver un seul», a déclaré le général de brigade irakien Mohamed Sabri Latif à un correspondant de l'AFP qui accompagnait une unité américaine dans la région, à environ 30 km au sud-est de Bagdad.

«Simples rumeurs»

Des habitants ont accusé des «éléments étrangers à la ville» d'avoir fomenté des troubles à Madaïen, tout en niant avoir eu connaissance d'une quelconque prise d'otages.

Le ministre de l'Intérieur sortant Falah Nakib, dont des sources au sein de son ministère avaient accrédité ces informations, les a démenties sur place hier.

«Il s'agissait simplement de rumeurs propagées par les médias et d'autres parties pour susciter un combat dans la zone», a-t-il affirmé à des reporters.

Le ministre a admis que des insurgés avaient menacé les résidents de la ville, mais que la plupart de ces hommes s'étaient «enfuis».

Ces déclarations mettent fin à une affaire lancée samedi et alimentée par des informations de sources militaires et des témoins qui, tous, faisaient état de la prise en otages de plusieurs dizaines de chiites par de présumés rebelles sunnites.

L'affaire avait pris de l'ampleur dimanche: le secrétaire d'État sortant à la Sécurité nationale, Qassem Daoud, a évoqué une «tentative de faire plonger le pays dans une guerre confessionnelle», alors que tarde la formation d'un gouvernement incluant les différentes communautés du pays.

Hier 1500 hommes des commandos et policiers du ministère de l'Intérieur ont pénétré sans combats dans Madaïen. Les rues de la ville étaient désertes et la plupart des 7000 habitants restaient terrés chez eux, dans la crainte d'opérations militaires, a constaté le correspondant de l'AFP.

Des forces de commandos, portant des cagoules, sillonnaient les rues dans des voitures tout-terrain, alors que des hélicoptères d'attaque américains Apache survolaient cette ville qui abrite les ruines de la cité mésopotamienne de Ctesiphon, fondée vers 144 avant JC.

Cette région est un des foyers de la rébellion, qui recrute essentiellement dans les rangs de la communauté sunnite, tandis que la présence d'une forte communauté chiite, fréquemment cible d'attaques, y fait toujours craindre un embrasement intercommunautaire.

Pendant ce temps, la violence s'est poursuivie à un rythme soutenu à travers le pays, faisant une dizaine de tués, dont deux policiers à Bassora, capitale méridionale de l'Irak, à 550 au sud de Bagdad.