L'Inde et le Pakistan jugent leur processus de paix «irréversible»

New Delhi — Proclamant leur processus de paix «irréversible», l'Inde et le Pakistan sont convenus hier d'une série de mesures visant à ouvrir la ligne de cessez-le-feu divisant le Cachemire, qui marquent le point d'orgue de la visite à New Delhi du président pakistanais, Pervez Musharraf.

Musharraf et le premier ministre indien Manmohan Singh ont annoncé qu'ils allaient oeuvrer à ce que la ligne de démarcation traversant le Cachemire devienne une «frontière douce». Des points de rencontre vont être ouverts pour les familles divisées et le commerce va être relancé, de même que les voyages et la coopération de part et d'autre de la ligne.

Lisant un communiqué con-joint avec à ses côtés Musharraf, Singh a déclaré que les deux dirigeants, «conscients de l'occasion historique créée par l'amélioration des relations et le désir massif des peuples des deux pays d'avoir une paix durable [...], ont estimé que le processus de paix était désormais irréversible».

Mais si l'accord sur ces mesures d'ouverture marque un progrès, il n'y a eu, comme on s'y attendait, aucune avancée de taille vers une solution définitive au Cachemire, région au coeur d'un demi-siècle d'hostilité entre New Delhi et Islamabad. «C'est ce que j'appelle aller vers une frontière douce. Mais une frontière douce n'équivaut pas à une solution définitive», a tempéré le président pakistanais.

Selon le communiqué commun, le terrorisme ne réussira en aucun cas à faire échouer les efforts de réconciliation. Les deux pays mettent en garde les séparatistes musulmans du Cachemire: aucun des deux pays ne tolérera des attaques contre la ligne d'autocars qui assurera des liaisons de part et d'autre de la frontière au Cachemire.

Les deux dirigeants sont convenus d'accroître les liaisons par autocar de part et d'autre de la ligne de cessez-le-feu au Cachemire et d'ouvrir la frontière, fortement gardée et jalonnée de barbelés.

«J'estime que l'issue [de la visite] dépasse mes attentes», a dit aux journalistes Musharraf, qui était attendu hier à Manille. Dimanche, il a rencontré des dirigeants séparatistes cachemiris.