Irak: l'étau se resserre autour de Madaïen

Hier, des Irakiens de Madaïen ont été forcés d’évacuer leur ville assiégée.
Photo: Agence Reuters Hier, des Irakiens de Madaïen ont été forcés d’évacuer leur ville assiégée.

Bagdad — Les forces irakiennes et multinationales ont mené hier une série d’opérations autour de la ville de Madaïen, au sud de Bagdad, où des insurgés sunnites retiennent en otages des habitants chiites, selon des sources sécuritaires irakiennes.

En outre, un Français, une Américaine et une personne non identifiée ont été tués dans un attentat suicide commis samedi à Bagdad, ont indiqué des sources officielles française et américaine.

Des forces irakiennes, américaines et ukrainiennes ont commencé à fouiller les villages proches de Madaïen (30 km au sud de Bagdad), arrêtant 52 suspects, selon la police irakienne.

Les forces irakiennes auraient pénétré dans Madaïen hier matin, mais, selon une source militaire irakienne, ces forces espèrent encore une médiation de religieux sunnites avant de lancer l'assaut.

«Le Comité des oulémas [la principale association de religieux sunnites] joue un rôle de médiateur pour résoudre le problème pacifiquement», a déclaré cette source. La tenue de ces négociations ne pouvait être confirmée dans l'immédiat auprès du Comité. Pour sa part, une source au ministère de l'Intérieur a indiqué que «la décision d'entrer en ville a été repoussée à demain matin [aujourd'hui]».

Des insurgés sunnites ont envahi vendredi Madaïen et y retenaient samedi au moins 80 habitants en otages, selon des sources sécuritaires.

Dans le même temps, des députés chiite et kurde se sont inquiétés du retard pris dans la formation du gouvernement, car il pèse, selon eux, sur l'état de la sécurité dans le pays. «Plus le processus traîne en longueur, plus nous verrons de l'instabilité et des attaques terroristes», a déclaré Hoshyar Zebari, un Kurde, ministre sortant des Affaires étrangères.

Houmam Hamoudi, député chiite, a jugé «nécessaire de résoudre cette question [du gouvernement] d'ici à la fin de la semaine prochaine, parce que la situation de la sécurité et de l'économie [...] se détériorent».