Le maire de Mexico continue le combat

Mexico — Andrés Manuel López Obrador, favori des sondages pour l'élection présidentielle de 2006 au Mexique mais menacé de se voir priver de ses droits politiques après avoir perdu son immunité parlementaire, a dévoilé hier sa stratégie pour pouvoir se présenter devant les électeurs.

«La lutte ne fait que commencer», a-t-il expliqué aux correspondants étrangers au Mexique sans écarter un échec qui pourrait conduire son parti, le Parti de la révolution démocratique (PRD, gauche), à présenter un candidat «de substitution si celui-ci a des chances».

La stratégie du maire se développera sur trois axes avec, comme date butoir, janvier ou février 2006, quand seront validées les candidatures par l'Institut électoral. Sur le plan judiciaire, AMLO, comme on l'appelle au Mexique, demandera un habeas corpus lui permettant de conserver ses droits politiques en cas d'inculpation par un juge pour n'avoir pas respecté une décision judiciaire d'arrêter des travaux de voirie dans la capitale mexicaine.

En revanche, il s'affirme prêt à être placé en détention, réaffirmant n'avoir commis «ni un grand ni un petit délit» et n'être que la victime d'une manoeuvre politique organisée par le président Vicente Fox avec l'appui du Parti révolutionnaire institutionnel et l'ancien président Carlos Salinas de Gortari.

Andrés Manuel López Obrador maintient son intention de se présenter devant le congrès du PRD, prévu le 31 juillet, pour obtenir l'investiture qui sera déposée devant l'Institut électoral en janvier prochain. Si elle est rejetée, AMLO fera appel devant le tribunal fédéral électoral, ultime instance judiciaire dans ce cas.

Parallèlement, López Obrador va lancer une campagne de «résistance civile pacifique» qui consistera à mobiliser l'opinion publique. Le premier grand rendez-vous est fixé au 24 avril avec une importante manifestation silencieuse dans les rues de la capitale mexicaine.

«Nous sommes responsables», a-t-il expliqué, et cette campagne «n'affectera aucun tiers et ne vise pas à créer une crise politique». Beaucoup au Mexique craignent que les manifestations puissent déchaîner la violence.

Enfin, le maire de Mexico, dont le statut reste ambigu et qui a décidé de s'installer dans sa résidence privée, envisage de présenter son cas devant la Cour interaméricaine des droits de l'homme.

Selon lui, il y a contradiction entre la Constitution mexicaine, qui prévoit la perte des droits politiques quand un processus judiciaire se met en marche, et le traité interaméricain signé par le Mexique, qui prévoit la perte de ces droits uniquement en cas de condamnation.

AMLO se dit prêt à accepter une amnistie du président Fox, un scénario suggéré par un porte-parole de la présidence dans une entrevue au Washington Post publiée hier.