Donald Rumsfeld en visite à Kaboul - L'Afghanistan sollicite l'aide prolongée des États-Unis

Kaboul — À l'occasion de la visite du secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, le président afghan Hamid Karzaï a déclaré hier qu'il allait demander à George Bush une protection à long terme des États-Unis en matière de sécurité.

Lors d'une conférence de presse commune, Karzaï et Rumsfeld ont toutefois éludé les questions sur une éventuelle implantation permanente de l'armée américaine dans le pays. Prié de dire si cette possibilité était envisageable, Karzaï a simplement répondu que le peuple afghan souhaitait «un partenariat à long terme avec les États-Unis» après 30 ans de guerre et de troubles. «Ils [les Afghans] veulent une relation saine, comprenant un partenariat économique prolongé, un partenariat politique et, par-dessus tout, un partenariat en matière de sécurité qui rendra l'Afghanistan capable de se défendre seul», a déclaré le président afghan.

«J'ai déjà soulevé la question avec le président [George] Bush à Washington lors de mes précédents voyages. Et l'Afghanistan recherche un tel partenariat, oui», a-t-il martelé. «Une requête en ce sens sera envoyée au président Bush.»



Renforcement des liens

Rumsfeld a pour sa part déclaré que les liens militaires entre les deux pays s'étaient renforcés et que Washington étudiait davantage le type d'aide à offrir à Kaboul — notamment en matière de formation ou d'équipement — que l'éventualité d'implanter des bases en Afghanistan.

Prié de dire quelle pourrait être la nature de l'accord, Rumsfeld a répondu: «Ce n'est pas une question qui relève du département de la Défense [...]. Il revient au président des États-Unis et au président afghan d'en discuter de façon méthodique.»

Arrivé directement d'Irak, où il a fait une apparition-surprise mardi, Rumsfeld a rendu visite hier aux troupes américaines stationnées dans un ancien fief des talibans, à la frontière avec le Pakistan. Il s'est entendu dire par le colonel Dick Pederson, commandant de la troisième brigade de la cinquième division d'infanterie, que les combattants islamistes de l'ancien régime tenaient encore «des sanctuaires dans certaines zones de la région». Mais selon l'officier, «les choses s'améliorent».

Après sa rencontre avec Karzaï, au cours de laquelle les deux hommes ont aussi discuté de la tenue en septembre d'élections législatives, Rumsfeld doit poursuivre au Pakistan sa tournée du «Grand Moyen-Orient».

Avec l'appui de leurs alliés occidentaux, les forces américaines ont envahi l'Afghanistan fin 2001 et y ont renversé le régime des talibans, qui refusait de livrer leur «hôte» Oussama ben Laden, tenu pour le cerveau des attentats du 11 septembre précédent à New York et Washington. Trois ans et demi plus tard, la guérilla des talibans semble se développer tandis que le milliardaire d'origine saoudienne, chef du réseau islamiste al-Qaïda, échappe toujours aux recherches. Quelque 17 000 soldats américains sont déployés en Afghanistan au sein d'une force internationale de 18 300 hommes.