Irak - Regain d'inquiétude sur le sort des otages

La chaîne al-Jazira a diffusé hier ces images d’un citoyen américain qui a exhorté les États-Unis à retirer leurs troupes pour lui sauver la vie.
Photo: Agence France-Presse (photo) La chaîne al-Jazira a diffusé hier ces images d’un citoyen américain qui a exhorté les États-Unis à retirer leurs troupes pour lui sauver la vie.

Bagdad — L'inquiétude sur le sort des otages en Irak s'est accrue hier avec l'apparition sur la chaîne al-Jazira d'un citoyen américain qui exhorte les États-Unis à retirer leurs troupes pour lui sauver la vie.

L'homme, dont l'identité n'a pas été révélée, appelle Washington à engager le dialogue avec la résistance irakienne dans une déclaration que la chaîne arabe considère «extorquée dans des circonstances anormales».

Selon un porte-parole de l'ambassade des États-Unis à Bagdad, l'homme aurait été enlevé alors qu'il se trouvait sur un chantier de reconstruction dans la zone de Bagdad.

Ce nouvel enlèvement survient alors qu'en France, les manifestations de solidarité en faveur de la journaliste du quotidien Libération, Florence Aubenas, et de son assistant irakien, Hussein Hanoun al-Saadi, se multiplient au 98e jour de leur disparition.

Inquiétude en Roumanie

En Roumanie, l'inquiétude est aussi très grande sur le sort de trois journalistes (Marie-Jeanne Ion, journaliste de la chaîne Prima TV, son caméraman, Sorin Miscoci, et le correspondant du quotidien Romania Libera, Eduard Ohanesian) et de leur guide américano-irakien, Mohammad Munaf, enlevés le 28 mars dans une banlieue de Bagdad.

Selon le président roumain, Traian Basescu, ses services seraient «en contact» avec les ravisseurs. Les otages sont «vivants» et ne sont pas soumis à des «mauvais traitements», a-t-il affirmé hier.

Quelque 200 étrangers ont été enlevés en Irak depuis un an, lorsque les groupes armés et les criminels ont commencé à recourir aux prises d'otages.

De nombreux enlèvements sont le fait de bandes criminelles qui réclament des rançons. Parfois, lorsque les otages ont une valeur «politique», les ravisseurs les vendent à des groupes de la guérilla.

Poursuite de la violence

Sur le terrain, dans un pays toujours sans gouvernement, la violence s'est poursuivie: neuf soldats irakiens sont morts hier en tentant de désamorcer une bombe près d'un oléoduc de la région pétrolière de Kirkouk. Neuf membres de la force de l'armée chargée de la protection des installations pétrolières, dont un colonel, ont été tués par l'explosion d'une bombe alors qu'ils tentaient d'en neutraliser une autre, a expliqué le chef de la police de Kirkouk. Quatre soldats ont été blessés. Dans la capitale, une série d'attaques antiaméricaines a fait des blessés parmi les civils irakiens.

Ce regain de violence est survenu alors que le numéro deux du département d'État, Robert Zoellick, a entamé hier une visite-surprise en Irak, au lendemain de celle du secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, qui a félicité les troupes pour «leur superbe travail».

Près de la ville chiite de Nasiriya, au sud-est de Bagdad, une fosse commune contenant des dizaines de corps et datant de l'ancien régime a été découverte hier, selon un responsable local.

«Jusqu'ici, 25 corps ont été exhumés», a déclaré Haidar Radi, le chargé de l'information de la province.

De nombreuses fosses communes ont été découvertes en Irak après la chute du régime de Saddam Hussein, il y a deux ans, notamment dans le sud chiite, dont la population a été durement réprimée, surtout lors du soulèvement de 1991 qui avait suivi la défaite des forces irakiennes après leur invasion du Koweït.