Accord entre l'Inde et la Chine pour régler leur différend frontalier

New Delhi —L'Inde et la Chine ont signé hier à New Delhi un accord historique fixant les «grands principes» pour résoudre leur différend frontalier vieux de plus de 40 ans et qui doit permettre de renforcer la coopération économique entre les deux géants asiatiques.

L'accord a été signé à l'occasion d'une visite de quatre jours en Inde du premier ministre chinois Wen Jiabao qui a rencontré son homologue indien Manmohan Singh hier à New Delhi. Il fixe les «grands principes» devant être suivis pour un règlement «définitif» du contentieux frontalier. L'Inde et la Chine se sont livré une brève guerre en 1962 et n'ont jamais depuis fixé les limites de leur frontière officielle.

«Les deux parties vont résoudre la question frontalière au moyen de consultations pacifiques et amicales. Aucune des deux parties n'utilisera ou ne menacera d'utiliser la force contre l'autre par aucun moyen», dit un communiqué du ministère indien des Affaires étrangères.

L'accord stipule aussi qu'«il ne devrait pas être permis que les différends sur la question frontalière affectent le développement général des relations bilatérales». Pékin revendique 90 000 km2, soit la totalité de l'État indien de l'Arunachal Pradesh (nord-est), tandis que l'Inde accuse la Chine d'occuper 38 000 km2 de territoire au Cachemire. Si aucun cessez-le-feu officiel n'a été signé depuis 1962, il n'y a pas eu d'incidents frontaliers grâce à des accords signés en 1993 et 1996.

Le texte précise que la frontière devra être établie «le long d'éléments naturels géographiques bien définis et facilement identifiables pour être mutuellement acceptée par l'Inde et la Chine» tout en garantissant les «intérêts» des «populations établies en zone frontalière». Cet accord historique doit ouvrir la voie à un renforcement de la coopération économique entre les deux géants asiatiques, que Pékin et New Delhi appellent de leurs voeux.

Car dans le même temps, les deux pays se sont fixé comme objectif de faire atteindre à leurs échanges commerciaux bilatéraux les 20 milliards de dollars d'ici à 2008, contre plus de 13 milliards l'année dernière.

La création d'une zone de libre-échange, qui pourrait constituer un marché de 2,3 milliards de consommateurs soit un tiers de la population mondiale, avait été proposée côté chinois avant la venue de M. Wen.

Les relations sino-indiennes ont longtemps été empoisonnées par leur différend frontalier. Toutefois ces dernières années New Delhi et Pékin ont mis ce contentieux en veilleuse pour se concentrer sur les liens bilatéraux en particulier commerciaux.

Les relations s'étaient améliorées depuis une visite à Pékin en juin 2003 du premier ministre indien d'alors Atal Behari Vajpayee. Ce dernier avait obtenu que Pékin abandonne ses revendications territoriales concernant l'État du Sikkim et avait en retour reconnu que le Tibet faisait partie de la Chine.

Hier, les deux parties ont réitéré leur engagement mutuel sur ces questions de façon formelle.

Enfin sur le plan politique, la Chine a fait savoir qu'elle soutiendrait la candidature de l'Inde pour un siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU.