Vague d'arrestations au Népal

Katmandou — L'armée népalaise a affirmé hier avoir repoussé la veille un assaut majeur des maoïstes, dans lequel 50 rebelles ont été tués, tandis que les autorités ont procédé à une vague d'arrestations d'opposants au roi, qui a pris les pleins pouvoirs, jusqu'à 200, selon l'opposition.

L'armée a affirmé avoir repoussé l'assaut de plusieurs centaines de rebelles maoïstes, dans la nuit de jeudi à hier, contre une base militaire dans le village de Khara (district de Rukum), à environ 400 km à l'ouest de la capitale. Il était impossible de vérifier ces informations de manière indépendante. Les maoïstes, qui luttent en faveur de l'abolition de la monarchie depuis 1996, n'avaient de leur côté pas réagi.

Cette attaque, qui a duré plus de 12 heures, pourrait être la plus importante depuis que le roi Gyanendra a pris les pleins pouvoirs le 1er février, limogé son gouvernement, instauré l'état d'urgence et suspendu les droits fondamentaux dont ceux de s'exprimer et de manifester. Le roi avait expliqué avoir limogé son gouvernement parce qu'il avait, selon lui, échoué à entamer des négociations avec les maoïstes et à organiser des élections législatives. Il s'est engagé à rétablir la démocratie d'ici à trois ans une fois matée l'insurrection maoïste. Depuis cette date plus de 11 000 personnes sont mortes.

Sur le front politique, les autorités ont procédé à une vague d'arrestations de manifestants anti-monarchiques. Selon des témoins, une centaine de manifestants ont été arrêtés dans le centre de Katmandou au moment où ils apparaissaient par groupes de cinq ou six en criant des slogans anti-monarchiques et en exhibant des bannières.

Des sources politiques ont par ailleurs affirmé qu'au moins une centaine d'autres personnes avaient été appréhendées après avoir manifesté à Birgunj, à 90 km au sud de Katmandou. La police pour sa part n'a confirmé que 70 arrestations dans la capitale.

Ces manifestations anti-monarchiques ont été organisées à l'appel des cinq principaux partis politiques à une date coïncidant avec l'anniversaire de l'établissement d'une démocratie parlementaire en 1990 dans le royaume himalayen.

Après le coup de force royal, des centaines d'opposants politiques, syndicalistes, étudiants, défenseurs des droits de l'homme avaient été arrêtés. Depuis, les autorités en ont relâché un certain nombre tout en arrêtant d'autres. Ainsi, la semaine dernière, elles ont libéré plus de 200 opposants dont un ex-premier ministre influent, Girija Prasad Koirala, chef du Congrès népalais, qui était assigné à résidence.

Vingt-quatre opposants, dont Sher Bahadur Deuba, qui dirigeait le gouvernement limogé, avaient été relâchées en mars. Mais dans le même temps, près de 190 manifestants anti-monarchiques ont été arrêtés la semaine dernière et au moins 149 la semaine d'avant.