Le sunnite Djaafari deviendra premier ministre d'Irak

Bagdad — Le Kurde Djalal Talabani a été investi hier président de l'Irak par le Parlement élu le 30 janvier dernier et a confirmé le choix du chiite Ibrahim Djaafari, chef du parti islamiste de la Daoua, comme premier ministre. Ce dernier dispose maintenant de deux mois pour former un gouvernement représentatif de la complexité ethnico-religieuse du pays, gouvernement auquel le Parlement devra accorder sa confiance à la majorité simple.

La prise de fonctions du Conseil présidentiel composé de Talabani et de ses deux vice-présidents, le chiite Adel Abdoul Mahdi et le sunnite Ghazi al-Iaouar, ainsi que la nomination de Djaafari rapprochent un peu plus l'Irak d'une normalisation institutionnelle. À Washington, la Maison-Blanche a salué «une nouvelle étape historique dans la transition vers la démocratie en Irak».

L'assemblée élue il y a deux mois, au sein de laquelle les chiites sont majoritaires, va devoir désormais s'atteler à la tâche, ardue, de rédiger une constitution fédérale permettant la coexistence au sein d'un même État des chiites, des Kurdes mais aussi des sunnites, largement sous-représentés en raison de leur boycottage massif du scrutin. Talabani leur a tendu la main lors de sa prestation de serment.

Cette constitution sera soumise à la fin de l'année à un référendum qui débouchera en décembre sur des législatives régulières, censées parachever la normalisation institutionnelle du pays, livré à la guerre et au chaos depuis mars 2003.

«Ce jour représente un grand pas en avant pour l'Irak et une immense responsabilité pour moi», a déclaré aux journalistes Djaafari, un médecin de formation qui a passé plus de vingt ans en exil du temps de Saddam Hussein.

En l'état actuel des institutions provisoires irakiennes, le poste de premier ministre qui échoit à Djaafari concentre l'essentiel des pouvoirs, le président et ses vice-présidents ne jouissant que de pouvoirs purement protocolaires.