Nétanyahou demande un délai pour la formation de son gouvernement

Dans les délicates tractations en cours, Benjamin Nétanyahou a été contraint de donner des portefeuilles sensibles à des personnalités controversées.
Photo: Abir Sultan Agence France-Presse Dans les délicates tractations en cours, Benjamin Nétanyahou a été contraint de donner des portefeuilles sensibles à des personnalités controversées.

Le premier ministre israélien désigné Benjamin Nétanyahou a demandé jeudi au président Isaac Herzog une prolongation de deux semaines du délai initialement imparti pour former un gouvernement de coalition.

Arrivé en tête des législatives du 1er novembre avec ses alliés d’extrême droite et ultraorthodoxes, Benjamin Nétanyahou a été officiellement désigné le 13 novembre pour former un gouvernement dans les 28 jours suivants, avec la possibilité, toutefois, de demander un délai supplémentaire de 14 jours à M. Herzog.

Sa demande intervient trois jours avant la première échéance du 11 décembre.

« Il y a encore des questions qui n’ont pas été résolues » concernant les nominations, a écrit M. Nétanyahou dans une lettre au président, que ses services ont rendue publique.

« Nous sommes au milieu des négociations et avons fait beaucoup de progrès, mais à en juger par le rythme des choses, j’aurai besoin de tous les jours de prolongation prévus par la loi pour former un gouvernement », a-t-il ajouté.

La semaine dernière, le parti Likoud de M. Nétanyahou a signé des accords de coalition avec les trois formations d’extrême droite — Sionisme religieux, Force juive et Noam — ayant fait élire des députés.

Mais pour former son gouvernement, M. Nétanyahou devait encore tomber d’accord avec les deux partis ultraorthodoxes Judaïsme unifié de la Torah (UJT, ashkénaze) et Shass (séfarade), ce qu’il a en partie fait.

Après s’être entendu mercredi avec l’UJT sur l’octroi de postes, le Likoud a annoncé jeudi un accord de principe avec le Shass, en vertu duquel la formation ultraorthodoxe se verrait octroyer cinq portefeuilles ministériels.

Selon cette annonce, le chef de Shass, Arieh Dery, serait « ministre de la Santé et de l’Intérieur durant la première partie du mandat du gouvernement, puis ministre des Finances », en sus d’un poste de vice-premier ministre.

Mais pour cela, le Likoud doit changer une loi permettant de nommer ministre Arieh Dery, inculpé et condamné pour fraude.

 

Condamné en 1999 à trois ans de prison ferme pour fraude, Arieh Dery avait été accusé à nouveau de fraude fiscale en 2021, mais avait bénéficié d’un accord avec la justice. Réélu en novembre, il peut selon la loi siéger au Parlement, mais pas recevoir de portefeuille ministériel.

Dans les délicates tractations en cours, Nétanyahou a été contraint de donner des portefeuilles sensibles à des personnalités controversées.

Le Likoud a ainsi signé des accords avec le controversé Itamar Ben Gvir à la rhétorique antipalestinienne, en vertu desquels ce dernier occuperait le poste de ministre de la Sécurité nationale, et avec Avi Maoz, connu pour ses positions hypernationalistes et anti-LGBTQ.

L’attribution de portefeuilles à des membres de son propre parti n’a pas encore été finalisée.

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