Coup d'envoi du procès des présumés auteurs des attentats de Bruxelles

La première page de quotidiens européens du 23 mars 2016, au lendemain des attentats de Bruxelles qui ont fait 32 morts
Philippe Huguen Agence France-Presse La première page de quotidiens européens du 23 mars 2016, au lendemain des attentats de Bruxelles qui ont fait 32 morts

Trente-deux morts et des centaines de personnes marquées à vie. Le procès des attentats djihadistes de 2016 à Bruxelles s’ouvrira mercredi dans la capitale belge avec le tirage au sort des jurés.

Il s’agit d’un nouveau procès pour Salah Abdeslam, condamné en juin en France à la perpétuité incompressible pour sa participation à la préparation des attentats du 13 novembre 2015 (130 morts à Paris et à Saint-Denis).

En mars 2016, la même cellule djihadiste, repliée en Belgique où elle s’était en partie constituée en septembre et en octobre 2015, avait perpétré des attentats-suicides à Bruxelles, également revendiqués par le groupe État islamique (EI).

À l’époque, ces djihadistes ont d’autres projets en tête, notamment de frapper l’Euro-2016 en France. Mais ils agissent dans la précipitation quelques jours après l’arrestation d’Abdeslam, à Bruxelles le 18 mars.

Le 22 au matin, deux hommes se font exploser dans le hall des départs de l’aéroport de Bruxelles-Zaventem et un autre dans une station de métro de la capitale européenne. Bilan : trente-deux morts et plusieurs centaines de blessés.

Neuf hommes sont attendus dans le box, dont Salah Abdeslam et son ami d’enfance de Molenbeek, Mohamed Abrini. Un dixième, Oussama Atar, dirigeant de la cellule, sera jugé en son absence, car il est présumément mort en Syrie.

Au total, six de ces dix accusés ont déjà été condamnés dans le procès-fleuve qui s’est tenu, pour les attentats du 13 Novembre, de septembre 2021 à juin 2022 à Paris.

« Pertes de mémoire »

Face aux accusés, désormais installés dans un espace collectif, les rangs des victimes seront fournis. Selon le parquet fédéral, plus de 1000 personnes se sont déjà constituées parties civiles pour obtenir la réparation d’un préjudice.

Cela fait de ce procès, prévu jusqu’à juin 2023 à l’ancien siège de l’OTAN de Bruxelles, le plus grand jamais organisé devant une cour d’assises en Belgique.

« Je ne m’attends pas vraiment à beaucoup de réponses », dit à l’Agence France-Presse (AFP) Sandrine Couturier, partie civile qui compte venir faire face aux accusés. « Mais j’ai envie de me confronter à ce que l’être humain est capable de faire, il faut que j’accepte que tout le monde ne soit pas bon. »

Présente sur le quai du métro Maelbeek au moment où le kamikaze a déclenché ses explosifs dans une rame, cette directrice d’association souffre encore de stress post-traumatique six ans et demi plus tard.

Des « pertes de mémoire » et des « problèmes de concentration » qui resurgissent à l’approche du procès, explique-t-elle.

Les épisodes d’anxiété, voire de dépression, sont encore très fréquents pour les rescapés et les témoins que l’AFP a pu interroger.

Sébastien Bellin, ancien basketteur professionnel qui devait s’envoler de Zaventem pour New York le matin du 22 mars, a perdu l’usage d’une jambe dans l’attentat.

Il dit aujourd’hui ne pas ressentir de haine contre les auteurs. « Cela pomperait l’énergie dont j’ai besoin pour me reconstruire », confie-t-il.

Mercredi, l’audience démarrera par la formation du jury populaire composé de 12 personnes. Après la formation du jury, prévue sur une journée, les débats doivent s’ouvrir le 5 décembre.

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