Le républicain McCarthy, prêt à prendre la tête de la Chambre des représentants

Le républicain Kevin McCarthy devrait être élu en janvier pour remplacer Nancy Pelosi.
Photo: Alex Wong Getty Images via AFP Le républicain Kevin McCarthy devrait être élu en janvier pour remplacer Nancy Pelosi.

Sept ans après avoir échoué — de peu — à devenir président de la Chambre des représentants, le républicain Kevin McCarthy espère tenir sa revanche grâce à ses efforts pour courtiser Donald Trump et ses fidèles.

À 57 ans, l’élu de la Californie, qui dirige depuis 2014 le groupe républicain à la Chambre basse du Congrès, a été désigné mardi par ses pairs comme candidat au poste de « speaker ».

Son parti étant en passe de reprendre le contrôle de la Chambre, cet homme au teint hâlé et à la mèche grise impeccable devrait être élu en janvier pour remplacer la démocrate Nancy Pelosi.

Mais la contre-performance des républicains aux élections de mi-mandat le fragilise. L’aile droite des conservateurs a fait savoir qu’elle poserait ses conditions avant de le soutenir.

Ce ne sera pas la première fois que cet homme ambitieux et pragmatique doit plier l’échine pour atteindre ses objectifs.

Parti d’un positionnement républicain classique, axé sur la défense du marché et la réussite individuelle, Kevin McCarthy a pleinement endossé le glissement à droite de sa formation politique sur l’immigration, sur la criminalité ou contre les droits des personnes transgenres.

Face aux allégations de fraude électorale martelées sans preuve par Donald Trump et à l’assaut du Capitole, il a opéré un pas de deux plus ambigu.

Bourde

Partisan du milliardaire républicain dans les primaires de 2015, Kevin McCarthy avait initialement soutenu sa croisade contre le résultat des élections de 2020.

 

Puis, secoué par l’attaque contre le siège du Congrès le 6 janvier 2021, il avait rapidement déclaré que Donald Trump « portait une responsabilité » dans ces violences.

Mais une semaine plus tard, il se faisait photographier tout sourire à ses côtés dans les salons dorés de Mar-a-Lago, la résidence floridienne du magnat de l’immobilier.

« Aujourd’hui, le président Trump s’est engagé à aider à élire des républicains à la Chambre et au Sénat en 2022 », avait-il alors justifié, en louant les vertus d’un « mouvement conservateur uni ».

Au nom de cette unité, Kevin McCarthy a également opéré un rapprochement avec les fidèles lieutenants de Donald Trump au Congrès, à commencer par Jim Jordan, élu pugnace de l’Ohio.

J’ai travaillé avec beaucoup de chefs républicains. Malheureusement, c’est celui qui a le moins de substance.

 

Ce dernier est son « plus grand allié » dans la course pour la présidence de la Chambre, a-t-il récemment déclaré au magazine Intelligencer, en précisant être « mieux préparé » pour le rôle que lors de sa précédente tentative, en 2015.

Il était favori à l’époque, mais une bourde l’avait forcé à retirer sa candidature.

Lors d’un entretien télévisé, il s’était vanté qu’une commission d’enquête sur l’attentat contre l’ambassade américaine en Libye avait sapé les chances de la secrétaire d’État Hillary Clinton dans la campagne présidentielle. Ses propos avaient été perçus comme l’aveu d’une instrumentalisation politique du drame.

Né en 1965 à Bakersfield, un bastion républicain au coeur de l’État démocrate qu’est la Californie, Kevin McCarthy est le fils d’un pompier et d’une femme au foyer démocrates.

Il a cependant vite repris des études universitaires et est devenu assistant parlementaire, puis élu local, jusqu’à faire son entrée à la Chambre des représentants en 2006.

Homme de réseaux, il est devenu maître dans l’art des levées de fonds et des poignées de mains.

Depuis que les démocrates ont repris la Maison-Blanche, le Californien a choisi l’opposition frontale. Il y a un an, par exemple, il a monopolisé la parole à la Chambre pendant plus de huit heures, uniquement pour retarder le vote sur un plan massif d’investissements dans les infrastructures porté par le président Joe Biden.

Cela lui vaut une franche hostilité de la part de Nancy Pelosi. « J’ai travaillé avec beaucoup de chefs républicains, a-t-elle déclaré récemment. Malheureusement, c’est celui qui a le moins de substance. »

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