Biden et Xi discutent pour apaiser les tensions

Les dirigeants des deux puissances rivales se sont parlé pour la première fois depuis que le président Biden est entré à la Maison-Blanche, en 2020.
Saul Loeb Agence France-Presse Les dirigeants des deux puissances rivales se sont parlé pour la première fois depuis que le président Biden est entré à la Maison-Blanche, en 2020.

Trouver des terrains de convergence sans éviter les sujets qui fâchent : les présidents Joe Biden et Xi Jinping ont tenté lundi d’apaiser les tensions entre les deux puissances rivales au cours d’un entretien de trois heures.

Les dirigeants se sont serré la main et ont parlé longuement pour la première fois depuis que le président Biden est entré à la Maison-Blanche, lors d’une rencontre à la veille du sommet du G20 qui se tient mardi et mercredi sur l’île indonésienne de Bali.

Joe Biden a affirmé qu’une nouvelle guerre froide n’était pas nécessaire, à la sortie de ces pourparlers qui visaient à empêcher que les sujets de tension entre les plus grandes puissances économiques ne dégénèrent en conflit.

Xi Jinping a souligné que les deux pays « partagent plus de sujets communs que de sujets qui les opposent », selon un compte rendu de la rencontre par le ministre des Affaires étrangères après trois années tendues sans rencontre face à face entre les dirigeants des deux pays.

« Le monde s’attend à ce que la Chine et les États-Unis gèrent convenablement leurs relations », a souligné le dirigeant chinois.

Xi Jinping a tenté de rassurer son homologue en lui assurant que la Chine n’avait pas l’intention de prendre la place des États-Unis ni de « changer l’ordre international existant ».

Signe de détente, le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, devrait se rendre en Chine au début de l’année prochaine, la première visite de ce niveau depuis 2018. Et la coopération sur le climat, interrompue l’été dernier, va reprendre entre les deux plus gros émetteurs de CO2.

Ces trois dernières années, la rivalité entre les deux pays s’est intensifiée à mesure que la Chine gagnait en puissance et en assurance, ce qui a remis en question le leadership américain et la donne géopolitique depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Alimentant les tensions, Pékin refuse de condamner l’invasion de l’Ukraine lancée en février par la Russie, mais la Maison-Blanche a affirmé avoir obtenu des assurances chinoises, évoquant un consensus sur le refus du recours à l’arme nucléaire.

Joe Biden a par ailleurs exhorté Xi à utiliser son influence pour modérer la Corée du Nord et l’encourager à être « responsable ». La Corée du Nord vient de procéder à une série record de tirs de missiles, semblant se préparer à conduire le 7e essai nucléaire de son histoire.

Le président américain a émis ses « inquiétudes » sur le respect des droits de la personne au Xinjiang, au Tibet et à Hong Kong, et a averti que les États-Unis « continueront d’opposer une concurrence vigoureuse » à la Chine, mais il a estimé qu’il fallait « laisser ouverts les canaux de communication ».

Les deux dirigeants, qui se connaissent depuis 2017, se sont entretenus par téléphone ou vidéo à cinq reprises depuis que Joe Biden est entré à la Maison-Blanche, mais jamais en personne avant cette rencontre à Bali.

Il s’agit du deuxième voyage du président chinois à l’étranger depuis le début de la pandémie, après une visite en Asie centrale en septembre.

Poutine grand absent

Si l’Ukraine n’est pas officiellement à l’ordre du jour du sommet du G20, la guerre engagée par la Russie et ses conséquences sur les marchés alimentaires et de l’énergie sera en toile de fond de tous les entretiens.

Xi Jinping rencontrera son homologue australien, Anthony Albanese, mardi, une première depuis 2017, ce qui est vu comme un signe d’apaisement entre Canberra et Pékin. Le dirigeant chinois a aussi une rencontre prévue avec le président français, Emmanuel Macron, tandis que le nouveau premier ministre britannique, Rishi Sunak, espère également le voir.

Le président russe, qui se fait représenter par son chef de la diplomatie, Sergueï Lavrov, apparaît comme le grand absent de la réunion, qui se tient alors que l’armée russe recule dans le sud de l’Ukraine.

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, pourra directement plaider sa cause, en s’exprimant par visioconférence.

Au minimum, Joe Biden et ses alliés veulent obtenir du sommet un message clair à Vladimir Poutine sur le fait qu’un conflit nucléaire est inacceptable.

Malgré les déclarations de lundi, tout texte commun est susceptible d’être bloqué par l’opposition des Russes ainsi que le refus de Pékin de s’écarter de la position russe ou de paraître concéder du terrain à Washington.

Constatant « une série de tensions et un isolement », Emmanuel Macron a néanmoins affirmé qu’il comptait continuer à parler avec Vladimir Poutine et qu’il l’appellerait après ce G20.

À voir en vidéo