Une écolière iranienne morte sous les coups de la police

Une personne au Caire regarde, le 20 octobre 2022, un tweet concernant la mort annoncée d’une jeune Iranienne de 15 ans, Asra Panahi.
Agence France-Presse Une personne au Caire regarde, le 20 octobre 2022, un tweet concernant la mort annoncée d’une jeune Iranienne de 15 ans, Asra Panahi.

Une adolescente iranienne de 15 ans est décédée la semaine dernière après avoir été battue par les forces de l’ordre lors d’un raid mené dans son école, selon un syndicat d’enseignants qui a appelé les autorités à arrêter de tuer des manifestants « innocents ».

Asra Panahi est morte le 13 octobre, après que « des policiers en civil ont attaqué » son école, la Shahed High School, à Ardabil, une ville du nord-ouest de l’Iran, a indiqué le Conseil de coordination des syndicats d’enseignants.

Les élèves étaient de sortie pour un « événement idéologique » organisé dans un lieu connu pour accueillir des manifestations depuis la mort de Mahsa Amini.

Cette Kurde iranienne de 22 ans est décédée le 16 septembre, trois jours après son arrestation par la police des moeurs à Téhéran pour avoir, selon celle-ci, enfreint le code vestimentaire de la République islamique pour les femmes.

Certains des élèves qui ont « crié des slogans contre la discrimination et les inégalités » ont été « victimes de violences et d’insultes par des femmes voilées et habillées en civil », selon un communiqué du syndicat publié lundi.

De retour à l’école, les élèves ont été battus à nouveau, poursuit le texte.

« Une des élèves, Asra Panahi, est malheureusement décédée à l’hôpital, tandis que d’autres ont été arrêtés », racontent les enseignants, ajoutant que les coups ont plongé un autre élève dans le coma.

La télévision d’État a diffusé une vidéo de l’oncle de la jeune Asra dans laquelle ce dernier assure que l’adolescente est morte d’un arrêt cardiaque.

Cité par le site Didban Iran, Kazem Mousavi, député d’Ardabil, a pour sa part déclaré qu’elle s’était « suicidée en avalant des comprimés ».

Ces déclarations ont suscité l’ire de l’ancien footballeur Ali Daei, originaire d’Ardabil, qui a déjà eu des problèmes avec les autorités pour avoir soutenu les manifestations.

Sur son compte Instagram, suivi par 10 millions d’abonnés, Ali Daei a affirmé ne pas croire aux thèses de l’arrêt cardiaque ou du suicide, les qualifiant de « rumeurs ».

« Si M. Daei a des preuves de ce qu’il avance sur la mort de l’écolière d’Ardabil, il devrait les présenter aux responsables concernés le plus tôt possible », a réagi Mizan Online, le site de l’Autorité judiciaire iranienne, qualifiant les propos du footballeur de « fake news ».

Dans un autre communiqué publié mardi, les enseignants ont critiqué la décision de l’école d’emmener des élèves à un « événement idéologique » sans le consentement de leurs parents. « Nous appelons les autorités à mettre un terme au meurtre de personnes innocentes et de manifestants sans défense », écrivent-ils.

Au moins 23 enfants ont été tués dans la répression des manifestations par les forces de sécurité iraniennes, selon Amnesty International.

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