Des milliers de combattants déposent les armes en RDC

Bunia — Près de 4000 combattants ont déposé les armes cette semaine dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), ce qui fait plus que doubler le nombre de personnes désarmées depuis septembre, a déclaré hier le colonel François-Xavier Duku, chef du programme de désarmement en Ituri soutenu par l'ONU.

Les miliciens qui ont déposé les armes sont basés dans la région d'Ituri, à la frontière ougandaise, mais ils n'appartiennent pas aux groupes tenus responsables de la mort de neuf casques bleus bangladais, en février.

Bien que des milliers de miliciens continuent de sillonner l'Ituri, tuant, violant et pillant, des responsables de l'ONU et des diplomates estimaient hier que le désarmement de quelque 3900 combattants constituait un important pas en avant.

«Ils ont décidé de le faire [déposer les armes] parce qu'ils voyaient que la région était contrôlée par l'armée et qu'ils n'avaient pas d'autre choix que de se rebeller ou de se rendre», a dit le colonel Duku. Il a précisé que l'armée avait déployé, la semaine dernière, 700 soldats près d'Aru, la ville où les miliciens ont déposé les armes.

Avant cela, le programme de désarmement en Ituri, d'un coût de 10,5 millions de dollars, n'avait permis de désarmer que 3800 combattants depuis septembre.

«Je pense que c'est une excellente nouvelle», a déclaré Dominique McAdams, qui dirige la mission de maintien de la paix de l'ONU en Ituri. «Ceci dit, il nous faut nous assurer que les principes du programme [de désarmement] sont appliqués et respectés», a-t-elle ajouté, précisant que les combattants devaient se rendre dans un site de transit et avoir le choix entre réintégrer la vie civile ou entrer dans l'armée.

Depuis décembre, des affrontements entre milices Hema et Lendu et des attaques de civils près de la capitale régionale, Bunia, ont contraint 100 000 personnes à fuir leur domicile.

Près de 5000 casques bleus sont déployés dans la région et l'armée congolaise a promis d'envoyer des milliers d'hommes en renfort.

Les hommes qui ont déposé les armes cette semaine appartiennent à la milice FAPC de Jérôme Kakwavu, qui est devenu général de la nouvelle armée congolaise et vit à Kinshasa.