La reine Élisabeth II est morte de «vieillesse», selon son certificat de décès

Dix jours de deuil national ont suivi le décès de la reine Élisabeth II.
Alain Jocard Agence France-Presse Dix jours de deuil national ont suivi le décès de la reine Élisabeth II.

Heure du décès : 15 h 10. Cause : « vieillesse ». Profession : « Sa Majesté la reine ». Le certificat de décès d’Élisabeth II, qui s’est éteinte le 8 septembre à l’âge de 96 ans, a été rendu public jeudi par les Archives nationales d’Écosse.

Après 70 ans de règne, Élisabeth II est décédée dans son château écossais de Balmoral. Sa mort avait été annoncée par Buckingham Palace à 18 h 30 locales (13 h 30 au Québec), mais on savait que la première ministre Liz Truss en avait été informée à 16 h 30.

De nouveaux détails sur cet événement au retentissement planétaire ont émergé avec la publication du certificat, signé par la princesse Anne, la fille d’Élisabeth II, qui avait accompagné la souveraine pendant ses dernières heures.

Son fils aîné, devenu Charles III, était arrivé à la mi-journée à Balmoral, mais ses autres fils Andrew et Edward, ainsi que le fils de Charles, William, n’y étaient parvenus que dans la soirée. Harry, frère de William, désormais en retrait de la monarchie, n’était arrivé que bien plus tard, seul.

Dans la case « profession » du certificat figure la mention : « Sa Majesté la reine ». Et le château de Windsor, en périphérie ouest de Londres, y apparaît comme son adresse « usuelle » : elle y passait la plupart du temps depuis le début de la pandémie de COVID-19, alors que le palais de Buckingham, dans la capitale, est habituellement la résidence principale des monarques britanniques.

Si la reine était décédée en Angleterre, il n’aurait pas été nécessaire de remplir un certificat de décès, obligation légale qui s’applique aux sujets du souverain, mais pas au souverain lui-même.

Mais cette contrainte légale, qui remonte à 1836, ne s’applique pas en Écosse, qui a un système législatif distinct et où la loi stipule que « la mort de chaque personne » doit être enregistrée.

Dernières volontés

 

La dernière apparition publique d’Élisabeth II remonte au 6 septembre, quand elle a chargé la nouvelle première ministre Liz Truss de former un gouvernement. La souveraine était alors apparue souriante, mais frêle, appuyée sur sa canne.

Ces dernières années, le Palais était resté d’une grande discrétion concernant l’état de santé de la souveraine. Il n’avait révélé qu’après des fuites dans la presse sa nuit d’hospitalisation il y a un an pour des examens dont la nature n’a jamais été précisée. Ensuite, des problèmes de mobilité avaient été évoqués, alors qu’elle annulait de nombreuses apparitions.

Le mystère et le secret entourent généralement la mort des membres de la famille royale. Les conventions depuis plus d’un siècle veulent ainsi que, après la mort d’un membre éminent de la royauté britannique, demande soit faite auprès de la justice que les dernières volontés du défunt soient scellées.

Les testaments de plus de 30 membres de la monarchie ont ainsi été tenus secrets depuis 1910, selon le journal britannique The Guardian, alors que la loi britannique prévoit que les dernières volontés de tout un chacun soient rendues publiques, notamment pour éviter les fraudes et prévenir les bénéficiaires.

 

Dix jours de deuil national ont suivi le décès de la reine. Des dizaines (voire des centaines) de milliers de personnes ont fait la queue pour aller se recueillir devant son cercueil, d’abord à Édimbourg, puis à Londres, à Westminster.

Quelque 2000 personnes, dont des chefs d’État et des membres de familles royales, ont assisté aux funérailles d’État dans l’abbaye de Westminster le 19 septembre. Mais des milliers d’autres personnes s’étaient pressées le long des routes pour voir une dernière fois le cercueil de cette reine immensément populaire dans son pays.

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