Allaoui ne lâche pas prise - Des leaders kurdes et sunnites soutiennent Jaafari

Bagdad — Alors qu'Iyad Allaoui ne semble pas vouloir céder le pouvoir, des responsables kurdes et sunnites se sont déclarés prêts à collaborer avec Ibrahim Jaafari, le candidat de la liste chiite majoritaire au poste de premier ministre.

«Nous espérons que M. Jaafari formera un gouvernement de transition le plus tôt possible parmi des personnalités de poids», a déclaré Mohammed Ihsane, un responsable du Parti démocratique du Kurdistan (PDK) de Massoud Barzani. Il a toutefois déploré la «lenteur des consultations sur les désignations aux postes à la tête de l'État» tout en expliquant qu'il y a une entente de principe sur le choix de Jalal Talabani comme président. La liste d'alliance kurde, qui a obtenu 75 députés dans l'assemblée de 275 sièges, a officiellement posé la candidature à ce poste de M. Talabani, chef de l'Union patriotique du Kurdistan (UPK), qui contrôle le province de Souleimaniyah, dans le nord-est de l'Irak.

Pour sa part, un responsable du Mouvement des démocrates indépendants du sunnite Adnane Pachachi, qui n'a remporté aucun siège au Parlement, a indiqué qu'«il est normal que la liste victorieuse désigne son candidat à ce poste, et cette désignation a été le fruit de tractations, ce qui est en soi un bon signe».

La liste chiite, l'Alliance unifiée irakienne, qui a obtenu la majorité absolue au Parlement (avec 140 sièges), a choisi mardi le chef du parti islamiste Dawa, Ibrahim Jaafari, comme candidat au poste de premier ministre.

Face à cette candidature, le conseiller à la sécurité nationale Kassem Daoud a annoncé la création d'une coalition soutenant la candidature du premier ministre irakien sortant Iyad Allaoui comme chef du gouvernement issu des élections du 30 janvier.

En Allemagne, deux soldats britanniques ont été condamnés pour avoir infligé de mauvais traitements à des prisonniers civils irakiens et un troisième pour n'avoir pas rapporté les faits, a annoncé hier une cour martiale à Osnabrück (Allemagne).

Les caporaux Mark Cooley et Darren Larkin ont été jugés coupables d'avoir frappé ou simulé des agressions sur des prisonniers. Le caporal-chef Daniel Kenyon a pour sa part été condamné pour n'avoir pas rapporté à ses supérieurs les faits dont il avait été témoin.

Sur le terrain, 13 personnes, dont cinq membres des forces irakiennes de sécurité, ainsi qu'un soldat américain ont été tués hier dans une série d'attaques au nord de Bagdad.

Par ailleurs, la chaîne publique Iraqiya a diffusé une vidéo, dont l'authenticité n'est pas encore établie, qui montre des insurgés irakiens confessant avoir été entraînés par les services secrets syriens.

Dans la vidéo diffusée hier, un interviewer interroge un groupe d'Irakiens présumés «suspects» qui expliquent comment ils ont appris à décapiter, tirer et fabriquer des bombes en 2001, dans la ville syrienne de Latakia.

La diffusion a suscité des réactions mitigées. Certains Irakiens se disaient persuadés que la Syrie cherche à déstabiliser le pays, mais d'autres doutent de l'authenticité de la vidéo.