Liz Cheney, ennemie jurée de Trump, éjectée de son siège au Congrès

Liz Cheney en juillet 2022
Photo: Saul Loeb Agence France-Presse Liz Cheney en juillet 2022

L’élue américaine Liz Cheney, porte-voix des républicains anti-Trump, a essuyé mardi une cuisante défaite lors de sa primaire dans le Wyoming, cimentant l’influence de l’ancien président sur son parti.

La parlementaire de 56 ans est l’une des principales bêtes noires du milliardaire républicain depuis qu’elle a osé rejoindre la commission parlementaire enquêtant sur son rôle dans l’assaut du Capitole le 6 janvier 2021.

La fille de l’ancien vice-président Dick Cheney copréside même ce groupe d’élus, pour qui Donald Trump a « failli à son devoir » lors de l’attaque menée par ses partisans pour tenter d’empêcher la certification de la victoire du démocrate Joe Biden à la présidentielle de 2020.

Donald Trump dénonce sans cesse les travaux de cette commission. Pour cette raison, le 45e président des États-Unis s’était engagé à faire battre Mme Cheney, élue de la Chambre américaine des représentants depuis 2017. Il avait mis tout son poids derrière sa rivale Harriet Hageman, une avocate de 59 ans auprès de qui il est allé faire campagne fin mai, victorieuse de cette primaire républicaine mardi.

L’investiture républicaine dans l’élection pour la Chambre des représentants ira donc à la protégée de Donald Trump, renforçant encore un peu plus l’emprise de l’ancien locataire de la Maison Blanche sur le parti républicain, et ce en dépit des nombreuses enquêtes dont il fait l’objet. Comme si, à force d’accumulation, toutes ces affaires n’avaient plus prise sur lui.

Dans le Wyoming, un État qui a voté à plus de 70 % pour Donald Trump lors de la dernière présidentielle, la candidate Harriet Hageman appuie notamment la théorie véhiculée par le clan Trump selon laquelle l’élection de 2020 a été « volée » à l’ancien président, malgré les innombrables preuves du contraire.

Menaces de mort

 

De son côté, Liz Cheney, qui a voté pour la destitution à laquelle Donald Trump a finalement échappé, s’efforce depuis plus d’un an de démonter cette thèse à laquelle adhèrent encore des millions de trumpistes.

« Dans notre pays, nous ne prêtons pas serment à un individu ni à un parti politique », affirmait encore l’élue lors d’une audition parlementaire mi-juin, estimant que la « défense de la Constitution américaine » méritait de mettre en péril sa carrière politique.

Depuis qu’elle enquête sur Donald Trump et son entourage, l’élue a été visée par une série de menaces de mort et ne se déplace plus sans escorte policière.

Dans son État, le premier à avoir accordé aux femmes le droit de vote en 1869, comme le rappelle une grande fresque dans le centre-ville de Cheyenne, l’élue avait été contrainte de mener une sorte de campagne fantôme, sans meetings électoraux ou événements publics.

Cette femme blonde à lunettes, héritière d’une droite très traditionaliste, pro armes et antiavortement, a aussi été excommuniée par le parti républicain du Wyoming, dont le chef a lui-même participé aux manifestations le jour de l’assaut du Capitole.

Quel avenir pour celle qui a promis de tout faire pour que Donald Trump ne s’approche plus jamais du Bureau ovale ? Les rumeurs lui prêtent des ambitions présidentielles pour l’élection de 2024, à laquelle elle pourrait se présenter en tant qu’indépendante si nécessaire.

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