Importante explosions dans un dépôt de munitions en Crimée

Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montraient une boule de feu se former après une forte déflagration, tandis que d’épaisses volutes de fumée noire s’élevaient dans le ciel et que des vacanciers quittaient dans la panique la plage située à proximité.
Associated Press Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montraient une boule de feu se former après une forte déflagration, tandis que d’épaisses volutes de fumée noire s’élevaient dans le ciel et que des vacanciers quittaient dans la panique la plage située à proximité.

Des explosions ayant fait un mort et des blessés se sont produites mardi dans un dépôt de munitions sur le site d’un aérodrome militaire de la péninsule ukrainienne de Crimée, annexée par la Russie, qui a arrêté ses livraisons de pétrole via l’Ukraine.

L’armée russe a affirmé qu’aucun tir ou bombardement n’avait été à l’origine de ces déflagrations, d’abord signalées par les autorités de cette presqu’île unilatéralement rattachée à la Russie en 2014 et en première ligne dans l’offensive russe contre l’Ukraine déclenchée le 24 février.

« Plusieurs munitions destinées à l’aviation ont explosé dans un dépôt situé sur le territoire de l’aérodrome militaire de Saki, près de la localité de Novofiodorovka », a déclaré dans un communiqué l’armée russe.

Le dirigeant de la Crimée, Sergueï Aksionov, a fait état d’une personne tuée dans ces explosions et son ministre de la Santé, Konstantin Skoroupski, de cinq blessés, dont un enfant.

Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montraient une boule de feu se formant après une forte déflagration, tandis que d’épaisses volutes de fumée noire s’élevaient dans le ciel et que des vacanciers paniqués quittaient la plage située à proximité. Malgré le conflit, la Crimée est restée un important lieu de villégiature pour de nombreux Russes qui continuent de profiter de l’été sur ses rivages.

Transit du pétrole russe coupé

 

Mardi, l’entreprise russe responsable du transport des hydrocarbures, Transneft, a annoncé que les livraisons de pétrole russe par le territoire ukrainien à destination de la Hongrie, de la Slovaquie et de la République tchèque, États membres de l’Union européenne dépourvus d’accès à la mer, ont été interrompues le 4 août.

Transneft a expliqué que le paiement portant sur le droit de transit par l’Ukraine pour le mois d’août, effectué le 22 juillet, avait été refusé à cause de l’entrée en vigueur de certaines sanctions contre la Russie.

Les livraisons à la Pologne et à l’Allemagne, à travers la Biélorussie, « se poursuivent » en revanche « normalement », a assuré Transneft.

L’UE s’efforce depuis le début du conflit en Ukraine de réduire sa dépendance énergétique à l’égard de la Russie, qu’elle accuse d’utiliser ses livraisons d’hydrocarbures comme une « arme de guerre », et a opté en juin pour un embargo progressif sur le pétrole russe.

L’approvisionnement par l’oléoduc Droujba a été autorisé à se prolonger « provisoirement », sans date limite. Une concession obtenue par le premier ministre hongrois, Viktor Orban, qui cultive ses relations avec le président russe, Vladimir Poutine, et dont le pays dépend pour 65 % de sa consommation de ce pétrole russe bon marché.

Des dollars pour le déminage

 

Selon l’état-major de l’armée ukrainienne, les Russes ont continué mardi de bombarder plusieurs localités de l’est de l’Ukraine, des environs de Tcherniguiv, dans le nord, de Kharkiv, dans le nord-est, ainsi que la ville de Mykolaïv, dans le sud.

Dans la région orientale de Donetsk, plus de 3000 civils, dont 600 enfants, ont au total été évacués depuis que les autorités ont rendu fin juillet ces évacuations obligatoires, a annoncé Kiev.

 

Il n’y reste plus maintenant qu’« une population de 350 000 personnes, dont 50 000 enfants », environ 1,3 million étant désormais parties à la suite du déclenchement de la guerre.

La situation reste complexe à la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia, la plus grande d’Europe. Le site situé dans la partie méridionale de l’Ukraine a été la cible à la fin de la semaine dernière de frappes d’origine pour le moment indéterminée, les Russes et les Ukrainiens s’en renvoyant la responsabilité.

Actuellement, les militaires russes « mettent en oeuvre le programme [du groupe russe] Rosatom visant à la faire basculer sur les réseaux électriques de Crimée », a dénoncé dans la soirée le patron de la compagnie ukrainienne Energoatom, Petro Kotine.

« La première condition pour cela est d’endommager les lignes électriques reliant la centrale au système énergétique ukrainien. Du 7 au 9 août, les Russes ont déjà endommagé trois lignes électriques. En ce moment, la centrale fonctionne avec une seule ligne de sortie d’électricité, ce qui est un mode de fonctionnement extrêmement dangereux », car si elle est coupée, « la centrale devra passer sur des générateurs diesel, et tout dépendra de leur fiabilité », a expliqué Petro Kotine.

La Russie a par ailleurs lancé mardi, du Kazakhstan, un satellite iranien d’observation qui, selon la presse américaine, pourrait être utilisé par Moscou pour soutenir son offensive en Ukraine, ce que réfute Téhéran.

Le président américain, Joe Biden, a de son côté paraphé mardi la ratification par les États-Unis des adhésions de la Suède et de la Finlande à l’OTAN, qui répondent ainsi à l’invasion russe.

Les États-Unis vont en outre consacrer 89 millions de dollars pour aider l’Ukraine à détruire les mines antipersonnel posées, selon eux, volontairement par les soldats russes dans des zones habitées du nord du pays avant de s’en retirer en mars.

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