Le dépouillement des bulletins de vote se poursuit - Allaoui annonce un dialogue avec les sunnites

Pendant que les tractations politiques s’intensifiaient hier en Irak, des soldats américains ont honoré la mémoire de 31 des leurs morts dans l’écrasement d’un hélicoptère.
Photo: Agence Reuters Pendant que les tractations politiques s’intensifiaient hier en Irak, des soldats américains ont honoré la mémoire de 31 des leurs morts dans l’écrasement d’un hélicoptère.

Bagdad — Le premier ministre irakien Iyad Allaoui a annoncé hier le lancement d'un dialogue avec les sunnites pour garantir leur participation au processus politique alors que seuls 11 000 bulletins de vote ont été dépouillés en 24 heures par la commission électorale.

M. Allaoui a affirmé que ce «dialogue national» avait pour but d'assurer «la mise en place d'un gouvernement homogène et fort» et de préserver l'unité de l'Irak. Il a indiqué s'être réuni avec des responsables sunnites comme le président Ghazi al-Yaouar, le chef du Parti islamique irakien, Mohsen Abdel Hamid, le ministre de l'Industrie, Hachem al-Hassani, et le chef du Mouvement pour une monarchie constitutionnelle, le chérif Ali ben Hussein.

«J'ai aussi appelé à une réunion lundi prochain», a-t-il dit lors d'une entrevue en direct sur la télévision publique Iraqia. Interrogé sur son éventuelle reconduction au poste de premier ministre, il a dit: «Plusieurs frères font pression sur moi pour continuer à l'être.»

M. Allaoui a par ailleurs noté «une baisse sensible du terrorisme». «Les jours et les semaines à venir diront si cette baisse est réelle ou si elle correspond à une pause tactique pour permettre aux terroristes de revoir leurs plans», a-t-il ajouté.

À Bagdad, la commission électorale poursuivait le deuxième dépouillement des bulletins de vote après celui qui avait eu lieu immédiatement après le scrutin de dimanche dans les bureaux de vote.

«Jusqu'à présent, seulement 11 000 bulletins de vote ont été décomptés et la majorité venait de la province de Mouthanna, la région la moins peuplée du pays», a déclaré un responsable de la commission, ajoutant que seulement un tiers des urnes étaient arrivées à Bagdad en raison des mesures de sécurité.

Le président de la commission, Abdel Hussein al-Hindaoui, a déclaré que le résultat des élections serait connu d'ici trois jours, mais cela semble hautement improbable. Quelque 14,2 millions d'électeurs étaient appelés à voter et le taux de participation devrait se situer entre 60 à 75 %, selon M. Hindaoui.

Trois jours après les élections, le chef d'une liste chiite aux élections de la province de Najaf, cheik Khaled Nouamani, a échappé à un attentat près de cette ville sainte chiite, à 160 kilomètres au sud de Bagdad, selon un proche de ce responsable du principal parti chiite, le Conseil suprême de la révolution islamique en Irak (CSRII).

Onze autres Irakiens, en majorité des membres des services de sécurité, ont été tués dans des violences au cours des dernières 24 heures, selon des sources sécuritaires.

Un oléoduc reliant deux raffineries, l'une à Bagdad et l'autre plus au nord, a été saboté à l'aube, ce qui a provoqué un incendie, selon des sources policière et pétrolière.

Un site Internet islamiste a diffusé un communiqué attribué au groupe d'Abou Moussab al-Zarqaoui, chef d'al-Qaïda en Irak, et menaçant de venger quatre prisonniers tués lundi lors d'une émeute dans le centre de détention de Camp Bucca, tenu par l'armée américaine, dans le sud de l'Irak.

Enfin, le Comité des oulémas irakiens, principale association religieuse sunnite, a affirmé qu'il respectait le choix des Irakiens qui ont voté mais qu'il contesterait la légitimité du prochain gouvernement. «Ces élections manquent de légitimité car une grande partie de la population [...] les a boycottées, et cela signifie que l'Assemblée nationale et le gouvernement qui en sortiront n'auront pas la légitimité requise pour rédiger la Constitution ou conclure des accords sécuritaires et économiques», a-t-il indiqué dans un communiqué.

Le Comité des oulémas met en garde contre un possible déferlement de violences en cas d'insurrection sunnite.

«Nous avertissons les Nations unies et la communauté internationale des dangers de reconnaître la légitimité de ces élections parce que cela ouvrirait la porte de l'enfer et elles en seraient alors les premières responsables», ajoute le communiqué.