Joe Biden s’engage à prendre des mesures pour le climat

Joe Biden n’a pas précisé les mesures qu’il entreprendra pour le climat, mais a mentionné qu’elles créeront des emplois, amélioreront la sécurité énergétique, renforceront la fabrication nationale et protégeront les consommateurs contre les hausses des prix du pétrole et du gaz.
Photo: Evan Vucci Associated Press Joe Biden n’a pas précisé les mesures qu’il entreprendra pour le climat, mais a mentionné qu’elles créeront des emplois, amélioreront la sécurité énergétique, renforceront la fabrication nationale et protégeront les consommateurs contre les hausses des prix du pétrole et du gaz.

Le président Joe Biden promet une « action exécutive forte » pour lutter contre le changement climatique, malgré les doubles revers de ces dernières semaines qui ont limité sa capacité à réglementer les émissions de carbone et à stimuler les énergies propres telles que l’énergie éolienne et solaire.

Le mois dernier, la Cour suprême a limité la manière dont la principale loi anti-pollution atmosphérique du pays peut être utilisée pour réduire les émissions de dioxyde de carbone des centrales électriques. Puis tard jeudi, le sénateur de la Virginie-Occidentale, Joe Manchin a déclaré qu’il souhaitait retarder l’adoption d’une loi environnementale radicale que les démocrates jugent essentielle pour atteindre les objectifs climatiques ambitieux de M. Biden.

Le président américain, qui s’est engagé à réduire de moitié les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 2005, a déclaré vendredi que « l’action contre le changement climatique et l’énergie propre reste plus urgente que jamais ».

Si le Sénat n’agit pas pour lutter contre le changement climatique et stimuler l’énergie propre, « je prendrai des mesures exécutives fortes pour répondre à ce besoin », a assuré M. Biden dans un communiqué depuis l’Arabie saoudite, où il a rencontré vendredi le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane.

Joe Biden n’a pas précisé les mesures qu’il entreprendra pour le climat, mais a mentionné qu’elles créeront des emplois, amélioreront la sécurité énergétique, renforceront la fabrication nationale et protégeront les consommateurs contre les hausses des prix du pétrole et du gaz. « Je ne reculerai pas », a-t-il promis.

Certains partisans ont exhorté M. Biden à profiter du moment pour déclarer une urgence climatique nationale et rétablir une interdiction des exportations de pétrole brut, entre autres mesures. Déclarer une urgence climatique permettrait à M. Biden de réorienter les dépenses pour accélérer les énergies renouvelables telles que l’éolien et le solaire et accélérer la transition du pays vers l’abandon des combustibles fossiles tels que le charbon, le pétrole et le gaz naturel.

Des militants pour le climat, y compris certains des collègues démocrates de M. Manchin au Sénat, ont critiqué son opposition – notant que c’était la deuxième fois qu’il sabotait une législation sur le changement climatique.

« C’est exaspérant et rien de moins que tragique que le sénateur Manchin renonce, encore une fois, à prendre des mesures essentielles sur le climat et l’énergie propre, a soutenu la sénatrice du Minnesota, Tina Smith. Le monde brûle littéralement pendant qu’il se joint à tous les républicains pour empêcher une action forte visant à réduire les émissions et à accélérer la transition vers une énergie propre ».

D’autres démocrates ont déclaré que l’annonce de M. Manchin selon laquelle il ne pouvait pas soutenir les dispositions climatiques du projet de loi du Sénat – du moins pour le moment – libère M. Biden de l’obligation de satisfaire un puissant sénateur de l’État du charbon désireux de protéger son État natal producteur d’énergie. Le vote de Manchin est décisif dans un Sénat divisé en deux parts égales, où les républicains s’opposent à l’unanimité à l’action climatique.

Le sénateur du Rhode Island, Sheldon Whitehouse, qui a longtemps préconisé à une action plus forte sur le climat, a suggéré une série de mesures que M. Biden pourrait prendre, y compris « une règle solide sur le coût social du carbone » qui obligerait les producteurs d’énergie à comptabiliser les émissions de gaz à effet de serre comme un coût d’exploitation. Le sénateur a également exhorté M. Biden à obliger les principaux pollueurs à utiliser la technologie pour capturer les émissions de dioxyde de carbone et à imposer des contrôles de pollution plus stricts sur les voitures, les camions légers et les véhicules lourds.

Des militants ont également demandé à M. Biden de rejeter tout forage sur les terres des territoires fédérales ainsi qu’en mer – une étape qu’il a promise lors de la campagne de 2020, mais n’a pas été adoptée – et à restreindre l’approbation des gazoducs et autres projets de combustibles fossiles.

« Depuis trop longtemps, nous avons attendu qu’un seul programme législatif nous sauve et qu’un seul législateur détermine notre sort », a déclaré le sénateur de l’Oregon, Jeff Merkley. « Maintenant qu’il est clair que la législation visant à résoudre notre crise climatique est morte, le président Biden doit nous mettre sur la voie de l’urgence pour faire face à cette catastrophe. »

Citant la promesse de campagne de Joe Biden de mettre fin aux nouveaux forages sur les terres et les eaux fédérales, M. Merkley a déclaré : « il est maintenant temps de montrer au peuple américain qu’il est sérieux en disant non à l’expansion de notre dépendance aux combustibles fossiles ».

Même avant le rejet prévu du sénateur Manchin des mesures climatiques, les démocrates avaient réduit leur plan d’environ 555 milliards de $ de dépenses climatiques à un peu plus de 300 milliards de $ dans le but d’obtenir son soutien. Les crédits d’impôt proposés pour l’énergie éolienne, solaire et nucléaire, ainsi que la technologie pour capture du carbone encore non éprouvée, pourraient réduire les émissions jusqu’à 40 % d’ici 2030, ont déclaré les militants environnementaux.

M. Manchin avait déjà contraint les démocrates à abandonner deux dispositions fiscales auxquelles il s’oppose : les paiements directs de crédits d’énergie propre et les crédits d’impôt pour les conducteurs qui achètent des véhicules électriques. Le sénateur Manchin a forcé d’autres concessions l’année dernière, notamment l’annulation d’une proposition qui aurait payé les services publics qui augmentent l’énergie propre tout en pénalisant ceux qui ne le font pas.

Le sénateur Ron Wyden, président de la commission sénatoriale des finances, a déclaré qu’il espérait toujours sauver les dispositions fiscales sur l’énergie propre et a affirmé que l’échec « n’est vraiment pas une option ».

La demande de M. Manchin de reporter l’action sur la mesure climatique fait suite à une décision du 30 juin de la Cour suprême, qui a déclaré lors d’un vote à six contre trois que la loi sur la qualité de l’air ne donne pas à l’Agence de protection de l’environnement (EPA) une large autorité pour réglementer les émissions de gaz à effet de serre des centrales électriques.

La décision de la majorité conservatrice du tribunal complique probablement le plan de l’administration Biden pour gérer la pollution des centrales électriques, mais n’élimine pas son pouvoir de réglementer les gaz à effet de serre. L’administrateur de l’EPA, Michael Regan, a indiqué que l’agence allait de l’avant avec des propositions de règlements pour les centrales électriques dans les mois à venir.

Ann Clancy, directrice associée de la politique climatique pour Indivisible, un groupe de défense progressiste, a déclaré qu’il était temps pour Joe Biden « d’arrêter d’attendre les démocrates soutenus par les entreprises et leurs négociations de mauvaise foi et d’offrir de réelles victoires au peuple américain sur le climat ».

« Nous n’avons plus de temps à perdre », a plaidé Mme Clancy.

Dans une entrevue à la radio vendredi, M. Manchin a fait valoir que les militants pour le climat veulent la fin immédiate de l’utilisation américaine du pétrole, du charbon et du gaz. « C’est fou », a-t-il dit à l’animatrice Hoppy Kercheval. Il croit que les États-Unis ont besoin d’une politique énergétique qui fonctionne pour le pays.

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