Les marches des fiertés ternies dans plusieurs villes du monde

Entre arrestations à Istanbul, menaces de restreindre les droits des personnes LGBTQ+ aux États-Unis et fusillade à Oslo, les célébrations ont été ternies dans plusieurs villes.
Photo: Kemal Aslan Agence France-Presse Entre arrestations à Istanbul, menaces de restreindre les droits des personnes LGBTQ+ aux États-Unis et fusillade à Oslo, les célébrations ont été ternies dans plusieurs villes.

Des Philippines au Chili, en passant par la Pologne, la France, l’Espagne, les États-Unis, le Mexique, le Panama, la Colombie et le Pérou, de nombreuses marches des fiertés ont eu lieu cette fin de semaine. Mais les célébrations ont été ternies dans plusieurs villes du monde.

Cible d’une fusillade près d’un bar gai dans la nuit de vendredi à samedi, tuant deux hommes et blessant 21 personnes, Oslo a été privée de marche des fiertés, sur recommandation de la police.

Malgré l’annulation des festivités, des milliers de personnes se sont rassemblées pour un défilé spontané samedi. Une cérémonie de deuil s’est également tenue dimanche dans la cathédrale de la capitale. Souvent en pleurs, d’innombrables anonymes ont déposé des bouquets de fleurs et des drapeaux arc-en-ciel autour du périmètre bouclé par la police.

« Les balles ne peuvent tuer l’amour », a déclaré le chef de l’Église protestante norvégienne, Olav Fykse Tveit. « Nous voyons que nous pouvons apprendre, parfois à contrecoeur, que la diversité entre nous est un cadeau, une richesse, et que beaucoup d’homosexuels sont capables de cultiver un amour dont nous autres sommes incapables », a-t-il ajouté.

« La fusillade […] a mis un terme à la marche des fiertés, mais elle n’a pas mis fin au combat et aux efforts contre la discrimination, les préjugés et la haine » a quant à lui noté le premier ministre Jonas Gahr Støre.

Inquiétudes pour les droits LGBTQ + aux États-Unis

 

De grandes foules étaient attendues dimanche dans plusieurs grandes villes américaines. Mais la menace d’un recul des droits LGBT + a calmé la fête.

« Il y a tellement d’attaques anti-LGBTQ + en cours dans tout le pays, et beaucoup d’entre elles visent vraiment à effacer notre existence et à nous rendre invisibles », a souligné Michael Adams, qui est à la tête de l’organisme de défense des droits des aînés LGBTQ +, SAGE.

L’invalidation de Roe v. Wade, amène également plusieurs personnes à se demander si le mariage homosexuel pourrait être la prochaine cible.

La Cour suprême a affirmé qu’il s’agissait uniquement d’avortement, mais le juge Clarence Thomas a déclaré que d’autres cas devraient être réexaminés, y compris celui qui a légalisé le mariage homosexuel.

Cela rappelle une réalité : en plus de la célébration, il y a toujours un besoin d’activisme, a clamé Joe Negrelli, 70 ans, un participant de longue date à la fierté de New York. Cela « me donne envie de mettre plus d’énergie à m’engager dans la marche », a-t-il ajouté.

Arrestations en Turquie

 

Comme chaque année désormais, la Marche des Fiertés avait été interdite par le gouverneur d’Istanbul. Malgré cela, des centaines de manifestants brandissant des drapeaux arc-en-ciel se sont rassemblées dans les rues de la ville.

Mais avant même le début du rassemblement, la police antiémeutes a effectué une descente musclée dans les cafés et les rues du quartier de Cihangir, autour de l’emblématique place Taksim, arrêtant les personnes qui s’y trouvaient, a constaté l’Agence France-Presse.

La police a au total interpellé plus de 200 personnes, militants et journalistes, dont un photographe de l’AFP.

Scandant « L’avenir est queer ! », « Vous ne serez jamais seuls ! » ou « On est là, on est queer, on n’ira nulle part ailleurs ! », les manifestants ont ensuite défilé pendant un peu plus d’une heure dans les rues pentues du quartier de Cihangir, soutenus par les riverains postés aux fenêtres.

L’homosexualité n’est pas interdite en Turquie, mais le parti islamo-conservateur au pouvoir et le gouvernement du président y sont particulièrement hostiles.

Les LGBT + ukrainiens et polonais défilent ensemble

 

Symbole de l’amitié diplomatique qui les unit depuis la guerre, des Ukrainiens ont défilé samedi aux côtés de dizaines de milliers de Polonais à Varsovie.

La marche des fiertés est interdite à Kiev cette année, comme toutes les manifestations, en raison de l’état d’urgence. À défaut d’un défilé officiel, une petite soixantaine de personnes se sont retrouvées samedi dans une petite boîte de nuit du centre-ville de la capitale ukrainienne.

La dernière Pride de Kiev, en 2019, s’était déroulée sous forte présence policière, en raison de contre-manifestations de militants d’extrême-droite et orthodoxes.

Avec Le Devoir

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