Proche-Orient - Peres nommé second du premier ministre

Gaza — Le dernier obstacle à la formation d'un cabinet d'union nationale en Israël a été levé hier grâce à un accord stipulant que le chef du Parti travailliste, Shimon Peres, sera considéré comme le second du premier ministre Ariel Sharon.

La fonction de second du premier ministre est surtout honorifique, mais sur un plan symbolique, M. Peres, 81 ans, pourra ainsi se présenter comme le numéro deux du gouvernement.

Sur le terrain, l'armée israélienne a poursuivi sa nouvelle opération lancée dans la nuit de mercredi à hier dans le camp de réfugiés de Khan Younès en vue de mettre fin aux tirs de roquettes et d'obus de mortier contre les colonies israéliennes installées dans ce secteur.

Quatre Palestiniens ont été tués hier soir lors d'un raid israélien dans le camp de réfugiés de Khan Younès, au sud de la bande de Gaza, portant à neuf le nombre de Palestiniens tués depuis le début, mercredi soir, d'une opération israélienne, a-t-on appris de sources médicales.

Trois des quatre Palestiniens tués dans la soirée par l'explosion d'une roquette tirée à partir d'un drone israélien faisaient partie des Brigades Abou Rich, un groupe armé lié au Fatah, la principale composante de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), ont indiqué des sources palestiniennes.

Auparavant, deux Palestiniens âgés de 17 ans, dont un trisomique, ont été tués tandis que, dans la nuit, trois activistes palestiniens ont trouvé la mort et huit autres ont été blessés lors de cette opération, la troisième en trois semaines, baptisée «Métal mauve».

Ces décès ont porté à 4656 le nombre de personnes tuées depuis le début de l'intifada, fin septembre 2000, dont 3611 Palestiniens et 970 Israéliens.

Dix maisons palestiniennes ont par ailleurs été rasées par des bulldozers israéliens à Khan Younès, et deux soldats ont été légèrement blessés par des tirs.

«Nos troupes continueront d'agir jusqu'à ce que cessent les tirs contre les localités du Goush Katif», un bloc de colonies juives dans la bande de Gaza, a déclaré le général Aviv Kochavi, commandant des forces israéliennes dans la bande de Gaza.

«Il y a entre dix et quinze cellules d'activistes qui sont responsables de la poursuite des tirs», a-t-il indiqué. Il a émis l'espoir que l'Autorité palestinienne «prendra ses responsabilités et mettra fin aux violences après l'élection présidentielle» du 9 janvier.

Des centaines de colons du Goush Katif avaient récemment protesté contre «l'inaction de l'armée face aux bombardements» palestiniens.

La semaine dernière, ces colonies ont essuyé 55 tirs d'obus de mortier ou de roquettes à partir du camp de Khan Younès, selon une source militaire.

Les quelque 8000 habitants des 21 colonies de la bande de Gaza doivent être évacués d'ici septembre 2005 dans le cadre d'un plan de désengagement israélien unilatéral de la région qui prévoit aussi le démantèlement de quatre petites implantations isolées dans le nord de la Cisjordanie.

Le chef de l'OLP, Mahmoud Abbas, grand favori pour succéder à Yasser Arafat à la tête de l'Autorité palestinienne, a été accueilli hier en héros par les membres d'un groupe armé lié au Fatah à Jénine, un haut lieu de l'intifada, dans le nord de la Cisjordanie.

M. Abbas, faisant campagne en vue du scrutin du 9 janvier, s'est promené dans les rues de Jénine et de son camp de réfugiés main dans la main avec Zakaria al-Zoubeidi, 29 ans, chef local des Brigades des martyrs d'al-Aqsa, un des Palestiniens les plus recherchés par l'armée israélienne.

Dans la soirée, M. Abbas a affirmé à des journalistes à Ramallah qu'Israël «ne doit pas tenter de tuer ces combattants».