Des attaques contre des bâtiments officiels - Double attentat à Riyad

Riyad — Deux voitures piégées ont explosé hier soir dans la capitale saoudienne, Riyad, l'une près du ministère de l'Intérieur, l'autre près d'un centre des forces spéciales saoudiennes, a-t-on déclaré de source proche des services de sécurité du royaume.

De même source, on a précisé que les activistes avaient tenté de conduire un des véhicules à l'intérieur du vaste complexe ministériel, dans le centre de Riyad. Mais le véhicule a explosé à l'extérieur d'une des entrées.

Un autre véhicule a tenté de pénétrer dans un centre des forces spéciales. Mais il a été arrêté à une des entrées et la police a ouvert le feu, ce qui a fait exploser la voiture, ont rapporté des témoins.

Sept activistes censés être liés aux attentats ont été tués lors d'une opération de la police saoudienne dans la capitale, a-t-on appris auprès des services de sécurité du royaume. Les activistes ont été tués au moment où les forces de police ont donné l'assaut à une habitation de la capitale.

On ne signale pour l'instant pas de victimes dans les deux attentats, commis l'un devant le ministère de l'Intérieur, l'autre devant un centre des forces spéciales saoudiennes.

Mansour al-Tourki, ministre saoudien de l'Intérieur, a déclaré à la télévision que rien ne laissait craindre qu'il puisse y avoir «un nombre élevé de victimes». Mais il n'a donné aucune autre précision.

«Il s'est agi de deux tentatives d'attentats suicide à la voiture piégée qui ont échoué, a dit un responsable des services de sécurité saoudiens. Ils ont tenté de forcer le cordon de sécurité à l'entrée du ministère de l'Intérieur mais on les en a empêchés. La voiture a explosé au milieu de la route et n'a pas réussi à entrer dans le complexe.»

L'ombre d'al-Qaïda

Ces attentats ressemblent beaucoup aux précédentes attaques revendiquées dans le royaume par la branche saoudienne d'al-Qaïda, qui souhaite notamment renverser la monarchie saoudienne, qu'elle considère comme étant à la botte des États-Unis.

Il s'agit des premières attaques contre des bâtiments officiels saoudiens depuis l'attentat suicide d'avril dernier à Riyad contre les forces de sécurité, qui avait été revendiqué par al-Qaïda.

L'entrée est du complexe ministériel n'est plus qu'un amas de ferraille. Le bâtiment en lui-même n'a été que légèrement endommagé. Des ambulances étaient sur place.

La chaîne publique saoudienne Ikhbariya a diffusé des images d'un taxi détruit par une explosion sur la rue principale avec un cadavre à l'intérieur.

Quelques heures plus tôt, la police saoudienne avait tué un islamiste présumé lors d'une fusillade dans la capitale et arrêté deux autres activistes radicaux au terme d'une autre fusillade à Djeddah, port sur la mer Rouge, ont rapporté la télévision nationale et des sources proches des services de sécurité.

Dans une récente cassette qui lui est attribuée, le dirigeant d'al-Qaïda, Oussama ben Laden, a appelé à s'en prendre aux installations pétrolières du royaume.

L'annonce de ces attentats a fait bondir les cours du pétrole à New York, qui a clôturé en hausse de 1,93 $US, à 43,70 $US.