La garde civile irakienne se fait piéger à Bagdad

Des Irakiens surveillaient hier les opérations de sauvetage des gardes civils qui ont péri dans l’explosion d’une maison.
Photo: Agence Reuters Des Irakiens surveillaient hier les opérations de sauvetage des gardes civils qui ont péri dans l’explosion d’une maison.

Vingt-cinq insurgés ont été tués hier dans des combats les opposant à l'armée américaine près de Mossoul, tandis que 30 personnes ont trouvé la mort dans la nuit de mardi à hier dans une explosion ayant détruit plusieurs maisons à Bagdad lors d'une opération des forces de l'ordre.

Près de Mossoul, «les forces américaines ont été attaquées avec deux voitures piégées, l'une a explosé contre un bâtiment servant de base militaire et la seconde sur une patrouille qui répliquait à la première attaque», a déclaré le lieutenant-colonel Paul Hastings.

«Selon des premières estimations, 25 ennemis ont été tués» dans les combats, a précisé le lieutenant-colonel Hastings, en indiquant que «quinze soldats américains ont été blessés».

À Bagdad, l'explosion meurtrière avait pour origine une «embuscade» tendue aux forces de l'ordre, a déclaré un responsable du ministère de l'Intérieur, citant les premiers éléments de l'enquête.

«Les experts de la police estiment, au vu des destructions importantes, que la maison du quartier Ghazaliya a été piégée et que la personne qui l'a fait a tenté d'y attirer les policiers pour causer le maximum de pertes dans leurs rangs», a indiqué le colonel Adnane Abdel Rahmane, porte-parole du ministère.

Selon d'autres responsables du ministère irakien de l'Intérieur, la police irakienne a encerclé une maison qu'elle soupçonnait d'abriter des «éléments terroristes».

Lorsque la police a donné l'assaut au bâtiment, «une forte explosion a détruit la maison et des habitations environnantes», dans le quartier Ghazaliya, dans l'ouest de la capitale, a indiqué un de ces responsables.

«Un dernier bilan indique qu'il y a eu 30 morts, dont six policiers, 25 blessés, dont quatre policiers, et que quatre policiers sont portés disparus», a dit quelqu'un d'autre, sous le couvert de l'anonymat.

Avant l'explosion de Bagdad, 34 membres des forces de l'ordre irakiennes, un responsable provincial et huit civils avaient été tués dans différentes attaques de la guérilla contre notamment des postes de police au nord de la capitale.

Hier également, six Irakiens, dont un garde national et une femme ingénieur travaillant pour l'armée américaine, ainsi qu'un camionneur turc ont été tués dans différentes attaques au nord de Bagdad, selon la police. Près de Kirkouk, deux personnes ont été tuées et une troisième blessée par l'explosion d'une bombe qu'elles tentaient de poser sur un oléoduc, selon la police.

Le groupe islamiste Ansar al-Sunna, lié au réseau terroriste al-Qaïda, a de nouveau menacé, sur son site Internet, les Irakiens qui voudraient participer aux élections du 30 janvier d'attaquer les bureaux de vote et les a appelés à s'éloigner des objectifs militaires.

Le président américain, George W. Bush, a souligné l'importance de la tenue des élections en Irak à la date prévue et fustigé la «vision du monde» d'Oussama ben Laden, qui a appelé au boycottage des élections dans un récent message.

Par ailleurs, la Force multinationale a arrêté, le 23 décembre dans la région de Mossoul, l'un des lieutenants d'Abou Moussad al-Zarqaoui, le principal chef de réseau terroriste en Irak, selon le gouvernement irakien.

L'homme arrêté, «Abou Marwan, un Irakien de 33 ans, a été identifié comme un commandant du groupe Abou Talha, basé à Mossoul, et affilié au réseau terroriste de Zarqaoui», indiquait hier un communiqué du gouvernement.

Les autorités irakiennes ont en outre annoncé avoir arrêté 59 personnes soupçonnées d'implication dans des actes de violence, dont un Égyptien, lors de raids de la garde nationale à Bagdad et ses environs.

Les Irakiens expatriés pourront voter pour les élections à Londres, à Manchester et à Glasgow, a-t-on appris hier auprès de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), qui a précisé que 11 pays avaient accepté de tenir sur leur sol les élections irakiennes (l'Allemagne, l'Australie, le Canada, le Danemark, les États-Unis, la France, l'Iran, la Jordanie, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Suède).

Enfin, une nouvelle fosse commune contenant près de 60 corps a été mise au jour hier près de la ville kurde de Souleimaniayh, dans le nord de l'Irak, selon un responsable local.

Il pourrait s'agir de restes de corps de Kurdes tués, pendant le soulèvement de 1991, par les forces du régime déchu de Saddam Hussein.